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Emmanuel Macron, président réélu mais président mal élu?

Une abstention record et un score de l'extrême droite très haut. Emmanuel Macron est sorti vainqueur d'un scrutin où une fois de plus, nombre d'électeurs n'ont pas voté pour des idées, mais contre d'autres. Dès dimanche soir, des rassemblements ont eu lieu pour contester le scrutin.

C’est une victoire qui, à première vue, semble assez nette. Emmanuel Macron est réélu pour un nouveau quinquennat à 58,54% par les Français. Pourtant, malgré ce chiffre élevé, cette victoire est tout de même à relativiser pour deux raisons. D’abord, le score du Rassemblement national. Marine Le Pen a en effet recueilli 41,46% des suffrages. Un score inédit de l’extrême droite. Et puis il y a l’abstention pour ce scrutin qui n’a jamais été aussi haut depuis 1969.

Dans les rues de la capitale dimanche, nombreux sont ceux qui n’étaient pas convaincus par l’affiche de cette élection opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen. Entre désintérêt et résignation, ces Parisiens ne se sont pas rendus aux urnes dimanche. “Premier tour oui, mais au second tour avec les résultats, je me suis dis autant m'abstenir", indique une Parisienne. "J'ai préféré ne pas aller voter plutôt qu'aller voter blanc", appuie un autre.

Des déçus par cette élection, il y en avait par dizaines dimanche soir dès l’annonce des résultats place de la République. Dans la foule, il y a ceux qui se sont abstenus, ceux qui ont voté blanc, et les autres qui, pour faire barrage au Rassemblement National de Marine Le Pen, ont choisi Emmanuel Macron. C’est le cas de Martin, la trentaine, venu spontanément exprimer son mécontentement à la sortie du bureau de vote.

“J'ai voté pour Macron avec beaucoup de dégoût parce que je ne voulais pas Le Pen. Mais du coup c'était important de montrer qu'on n'est pas pour lui en fait. Le vote ce n'est pas pour son projet, pour son programme. C'est un vote de contestation”, détaille-t-il

Une nécessité de rassembler

Vivien aussi a voté pour Emmanuel Macron, comme il y a cinq ans et toujours pour les mêmes raisons: empêcher l'extrême droite d’accéder au pouvoir. “Moi je vote seulement depuis deux fois et à chaque fois, on me dit de voter pour faire barrage. Ce n'est absolument pas un vote d'adhésion. Je n'adhère qu'à très peu de points de son programme, et même plus loin, à sa vision du monde. Je ne viens pas ici pour changer les choses, mais très clairement pour me défouler”, assure-t-il.

Une grogne dont les supporters d’Emmanuel Macron réunis à quelques kilomètres de là, sur le Champ-de-Mars, ont bien conscience. Malgré la victoire de son favori, ce militant s’inquiète du niveau de l’abstention.

“C'est un message qui est pour les deux candidats. L'abstention, c'est un message clair, c'est un rejet des deux projets. Il y a une colère qui est très profonde et là Macron a intérêt à rassembler pour répondre à toute cette colère et aux gens qui ne se sont pas déplacés", appuie-t-il.

Une préoccupation qui résonne jusque dans le discours d’Emmanuel Macron, qui a remercié ceux qui ont voté contre Marine Le Pen. “Ce vote m’oblige pour les années à venir”, a promis le président réélu.

Romain Houg et Maxime Levy avec Guillaume Descours