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Jean Lassalle écrit à Emmanuel Macron pour se plaindre du Conseil constitutionnel

Après l’annulation par le Conseil constitutionnel des suffrages exprimés dans sa commune de Lourdios-Ichère au second tour de la présidentielle, à cause de la mise en scène de son abstention, Jean Lassalle s’adresse à Emmanuel Macron dans une lettre.

C’est un courrier envoyé tard dans la soirée à l'Elysée, ce mercredi. Jean Lassalle, l'ancien candidat à la présidentielle, en appelle au président de la République, Emmanuel Macron, pour prendre en main son conflit avec le Conseil constitutionnel. Lors du second tour, Jean Lassalle avait mis en scène son abstention. "J’ai expliqué cet acte par mon incapacité politique à adhérer à l’acte final d’une longue saga indigne de notre pays, explique-t-il dans cette lettre à Emmanuel Macron. J’étais déjà inquiet par la tournure qu’avait prise la campagne présidentielle à laquelle j’avais participé au premier tour. (…) Durant cette période, il m’était apparu qu’on avait volontairement dressé une partie de France qui jugeait l’autre moisie contre celle qui la première pourrie. Dès lors je ne pouvais m’autoriser à participer à une telle dérive tragique dans laquelle était engagée notre pays."

Cette abstention revendiquée et exposée avait provoqué l'annulation par le Conseil constitutionnel des 90 suffrages exprimés dans sa commune de Lourdios-Ichère (Pyrénées-Atlantiques). Un mois plus tard, Jean Lassalle s'insurge contre l'impossibilité d’entreprendre un recours contre cette décision du Conseil constitutionnel. Et réclame que son dossier soit transmis à la Cour de justice de la République. Il explique également ne pas avoir été encore entendu par la gendarmerie, alors que le Parquet de Pau s’est saisi de l’affaire, révélant au passage avoir subi "une opération chirurgicale du cœur" le 4 mai, "à la suite des trois premières déjà subies depuis le 03/01/2022 et suite aux effets du vaccin Johnson".

Jean Lassalle déplore les "mauvaises intentions" de Laurent Fabius

Face l’absence d’avancées sur ce dossier, qualifiant avec ironie le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius de "saint homme", Jean Lassalle demande à Emmanuel Macron d’intervenir: "Monsieur le Président de la République, confronté à un tel imbroglio médiatico-politico-judiciaire, comment puis-je me défendre alors que le Conseil Constitutionnel n’ouvre pas de recours ni même de droit de réponse et que le Parquet de Pau ne propose pas de m’entendre ? Excepté quelques échos rapportés dans la presse, je ne toujours pas informé officiellement des griefs juridiques qui me sont reprochés. Face à un tel mélange de genres et aux fins de clarification, ne vous semble-t-il pas plus prudent, à titre conservatoire, de transmettre l’instruction de cette affaire à une commission ad hoc réellement indépendante ?".

"Monsieur le Président de la République, suite au traitement qui m’est infligé en raison de mon seul acte politique fort de sens quant au fonctionnement de notre démocratie, je ne peux qu’avoir le sentiment de mauvaises intentions à mon égard, manifestées par l’innocent Président du Conseil Constitutionnel, agissant seul ou avec d’autres personnalités", indique Jean Lassalle. En attendant des nouvelles de l’Elysée, l’ancien candidat à la présidentielle, qui ne se représente pas aux législatives, gère les 56 candidats investis par son mouvement Résistons pour le scrutin des 12 et 19 juin.

Parmi les candidats, il y a son frère Julien, qui prend son relais dans le Béarn. "A la différence que mon frère a 300 brebis et moi aucune. Donc il a beaucoup de travail à côté" remarque, un peu admiratif, Jean Lassalle. Le futur ex-député donne quand même quelques conseils à son frère, "quand il le demande", en partageant son expérience d'élu. Jean Lassalle, lui, veut prendre un peu de recul, depuis sa maison de Lourdios-Ichère: "Jean Castex a dit qu'il voulait repeindre sa balustrade chez lui, eh bien c'est pareil pour moi".

LP avec Romain Cluzel