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Législatives: ce qu'il faut retenir de l'interview de Julien Bayou après l'accord entre EELV et LFI

Après de longues discussions, écologistes et insoumis sont tombés d'accord pour une candidature commune aux législatives. Invité de RMC et BFMTV, Julien Bayou est revenu sur cet accord.

La France insoumise et EELV ont trouvé un accord historique pour les législatives après de longues négociations. Les deux formations présenteront une candidature commune pour les élections législatives. Objectif, obtenir une majorité à l'Assemblée nationale et forcer une cohabitation.

"Nous allons élargir cette coalition"

"C’est exceptionnel mais c’est aux Françaises et aux Français d’en faire un moment historique", a assuré ce lundi sur RMC et BFMTV Julien Bayou, le secrétaire national d'EELV. "Nous avons posé un premier acte très fort et les discussions vont se poursuivre avec d’autres forces. Nous allons élargir cette coalition", a-t-il assuré alors que les discussions avec le PS doivent débuter dès ce lundi. "Nous appelons les socialistes à rejoindre l’union", a ajouté Julien Bayou.

"L'échec politique" à la présidentielle

"Nous voulons présenter 300 propositions. Les Français ont envoyé un message fort le 10 et 24 avril", assure-t-il, reconnaissant tout de même un "échec politique" pour les écologistes et Yannick Jadot, crédité de seulement 4,63% des voix au premier tour de l’élection présidentielle.

"Désobéir" aux règles de l'Union européenne

"Avec une majorité à l’Assemblée nationale, nous pourrions commencer les travaux, séparément nous ne pouvons pas gagner". Et parmi les propositions de la Nouvelle Union Populaire écologique et sociale, la désobéissance aux traités européens dans certaines conditions limitées. Mais il ne faut surtout pas y voir un moyen de sortir de l'Union européenne: "Absolument pas", assure Julien Bayou qui n'y voit que "de la désobéissance pour sauver l’Europe". "L’enjeu c’est de déroger à la règle des 3% pour sauver le climat", la règle qui assure que le déficit public annuel d'un pays des 27, ne doit pas excéder 3% du PIB.

Avec Jean-Luc Mélenchon, "les désaccords sont constants"

Il y aura-t-il des points de crispation entre Insoumis et Ecologistes? Peut-être notamment sur la Russie: "Jean-Luc Mélenchon condamne clairement l'agression russe en Ukraine. Nous avons des désaccords et des visions stratégiques différentes certes. Nous pensons que la réponse européenne est nécessaire pour lutter contre les impérialismes. Nous avons des désaccords constants, nous le savons".

Quel programme pour cette candidature commune?

Si des désaccords existent et existeront, il reste des points sur lesquels insoumis et écologistes sont tombés d'accord. Au programme de la candidature commune, hausse du pouvoir d'achat et retraite à 60 ans.

"Avec une majorité à l'Assemblée nationale, nous ne gérerions pas la politique internationale. Nous nous restreignions à ce que peut faire l'Assemblée: bloquer les prix des produits de première nécessité. Nous voulons permettre à chaque ménage d'avoir accès à l'eau et l'électricité, garantir qu'il n'y ait plus d'expulsions et aller sur la retraite à 60 ans", assure Julien Bayou.

Une centaine de circonscriptions pour les candidats EELV.

Quid alors de la répartition des circonscriptions entre insoumis et écologistes sous la bannière commune de la Nouvelle Union Populaire écologique et sociale. "Nous serons présents dans une centaine de circonscriptions", sur 577 assure Julien Bayou, avec comme objectif, la création d'un groupe écologiste à l'Assemblée nationale, possible à partir de 15 députés.

"En 2017 nous avons été condamnés à l'impuissance, nous voulons désormais montrer que nous ne sommes pas condamnés à un nouveau quinquennat d'inaction climatique", conclut Julien Bayou.
Guillaume Dussourt