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Présidentielle: pourquoi le camp de Fabien Roussel repousse l’idée du "vote utile"

Dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, Ian Brossat, directeur de campagne du communiste Fabien Roussel, a repoussé l’idée du "vote utile" à gauche pour aider Jean-Luc Mélenchon.

La gauche a-t-elle des chances d’atteindre le second tour de l’élection présidentielle, malgré son éclatement et la présence de plusieurs candidats ? Pour Ian Brossat, directeur de campagne de Fabien Roussel (Parti communiste), l’idée du "vote utile" pour aider le mieux placé dans les sondages, en l’occurrence Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), n’est pas judicieuse. "Ce coup du vote utile, on nous l’a tellement fait, explique l’adjoint à la mairie de Paris. C’est avec le vote utile qu’on a fini par nous faire voter pour François Hollande. Quand on voit ce que ça a donné… Ça ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. En tout cas, si ça nous a laissé un souvenir, il n’était pas particulièrement bon. Donc votez pour vos convictions. On ne prend pas de risque à voter pour ses convictions."

"Qu’est-ce que ça veut dire, le vote utile ? Ça veut dire qu’il y a des votes utiles et des votes inutiles, des idées utiles et des idées inutiles, des citoyens utiles et des citoyens inutiles ? Moi, ce que je sais, c’est qu’en République, il y a des citoyens libres et égaux en droits. Si vous avez de la sympathie pour Fabien Roussel, si vous avez ces idées, ce qu’il porte, votez pour Fabien Roussel. Il en fera quelque chose d’utile", ajoute Ian Brossat, soulignant que la sénatrice à l’origine du rapport sur les cabinets de conseil, notamment McKinsey, est communiste.

"Mélenchon n’est pas aux portes du second tour"

Contrairement aux dernières campagnes, le Parti communiste a cette fois refusé de s’allier à Jean-Luc Mélenchon. "Il n’est pas tout à fait aux portes du second tour, c’est le moins qu’on puisse dire, estime Ian Brossat. Les dernières enquêtes le montrent. Je crois qu’on a besoin, surtout, de tourner la page. L’élection de 2022 n’a pas vocation à être la redif de l’élection de 2017. Les Français ont besoin d’air, de positif, d’espoir. On vit dans une espèce de sinistrose généralisée. Les Français ont envie de jours heureux, pour leur vie, pour leur famille. En 1944, ce sont des résistants qui ont rédigé ce programme, qui ont été capables d’inventer la sécurité sociale. Aujourd’hui, on a plein de difficultés, on a tous la tête sous l’eau, on a besoin de cet espoir-là."

Mais Ian Brossat reste confiant pour les relations entre les différents partis de gauche. "Je suis convaincu qu’il n’y a pas des gauches irréconciliables, soutient-il. La gauche a vocation à travailler ensemble. On le fait dans les collectivités. On le voit, à gauche, personne n’est majoritaire tout seul. Donc il va bien falloir reconstruire quelque chose. Fabien Roussel est capable de parler à tout le monde, il n’est pas dans l’invective, dans l’agressivité. Si on a envie de reconstruire la gauche, on a besoin de gens comme lui. Et on a besoin de leur donner de la force dès le premier tour de la présidentielle."

LP