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Présidentielle: "S'il était comptabilisé, le vote blanc poserait problème" selon un politologue

Le vote blanc est recensé mais ne fait pas partie des suffrages exprimés lors d'une élection en France. Dans certains pays, il permet d'annuler une élection.

Comme Michel Onfray, de nombreux Français pourraient s'abstenir ce dimanche à l'occasion du second tour de l'élection présidentielle. Le barrage à l'extrême droite ne mobilise plus et chez certains, le "ni-ni" prédomine. C'est derrière le slogan de "Ni Macron ni Le Pen" que la Sorbonne s'est révoltée après le premier tour.

Pourtant, "le vote est un devoir" a estimé Emmanuel Macron lundi, alors que l'abstention pourrait une énième fois être l'arbitre du second tour. "C'est rappeler que le vote est un droit et un devoir civique, cela fait partie de l'éducation civique, ce n'est pas choquant de voir le président le rappeler", assure ce mardi sur RMC, dans "Estelle Midi", Christophe Boutin, politologue et professeur de droit public à l'université de Caen.

"Le vote blanc peut avoir son importance"

Et le vote blanc pourrait aussi augmenter alors que certaines voix s'élèvent pour demander sa reconnaissance. Une reconnaissance qui pourrait poser problème à terme alors que le 10 avril, le jour du premier tour, 539.171 personnes ont voté blanc (et 236.372 nuls), soit un peu plus que les voix récoltées par Philippe Poutou et Nathalie Arthaud réunis.

"Le vote blanc peut avoir son importance et va sûrement augmenter à cette élection par rapport à 2017. Le vote blanc n'est pas comptabilisé, ce qui permet parfois d'éviter de reporter des élections. S'il fallait 50% de suffrages exprimés pour être élu, on pourrait avoir des présidents qui ne seraient pas élus, ça poserait un vrai problème. Il y aurait peut-être moins d'abstention mais il faudrait enlever la formule des suffrages exprimés pour régler le problème", explique Christophe Boutin.

Un record au second tour de 2017

En Europe, l'Espagne et les Pays-Bas sont les seuls pays qui considèrent le vote blanc comme un suffrage exprimé et valide. Les votes blancs, dans ces deux pays, permettent donc de déterminer si un parti a franchi le seuil électoral valide des voix exprimées. Au Pérou, si deux tiers des électeurs choisissent de voter blanc, l'élection est tout simplement annulée.

Au second tour de l'élection présidentielle de 2017 en France, les votes blancs représentaient 8,51% des suffrages exprimés, un record sous la 5e République depuis leur distinction des votes nuls en 2014.

G.D.