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Primaire populaire, pouvoir d'achat, Christiane Taubira: ce qu'il faut retenir de l'interview d'Anne Hidalgo

La candidate du PS à la présidentielle Anne Hidalgo a assuré ce jeudi sur RMC\/BFMTV ne pas être menacée par la candidature de Christiane Taubira et ajouté qu'elle ne tiendrait pas compte du résultat de la primaire populaire.

Invitée d'Apolline de Malherbe ce jeudi sur RMC et BFMTV, Anne Hidalgo, la maire de Paris, est revenue sur sa campagne présidentielle qui peine à décoller. Car la candidate socialiste n'arrive pas à dépasser les 3% d'intention de vote selon le dernier sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi. Et ce chiffre descend à 2,5% si Christiane Taubira est incluse dans le panel de candidats.

Sa candidature pas menacée par Christiane Taubira

Si Anne Hidalgo assurait en décembre que la campagne avait commencé, elle explique ce jeudi que la campagne n'a pas démarré. "Les Français sont préoccupés par la pandémie et le pouvoir d'achat surtout. Maintenant, ils commencent à s'intéresser aux candidats et aux programmes. La campagne présidentielle démarrera quand tout le monde aura ses parrainages, ses équipes et son programme", indique-t-elle.

Concernant la candidature de Christiane Taubira, Anne Hidalgo assure avoir été mise au courant: "Christiane Taubira m'avait appelée avant Noël, sa solution était de devenir candidate. Je lui ai dit: 'Viens et faisons équipe ensemble', mais sa solution, c'était de venir comme candidate. Je lui ai dit que cela ajoutait de la confusion".

Et la maire de Paris estime que la primaire populaire ne remettra pas en cause sa propre candidature, même si Christiane Taubira se voyait confortée par le scrutin. "La primaire populaire est intéressante, sympathique mais moi je continue mon chemin", a-t-elle assuré. "La page est tournée", a-t-elle ajouté.

Le salaire des profs à 2.300 euros en début de carrière

Alors que les salariés sont invités à se mobiliser ce jeudi pour protester contre la vie chère, à l’initiative des syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires ainsi que de plusieurs organisations de jeunesse, Anne Hidalgo a dévoilé plusieurs mesures pour le pouvoir d'achat.

La maire de Paris a assuré vouloir réévaluer le salaire des profs: "Aujourd'hui, un prof démarre à 1.700 euros et termine à 2.500 euros. Je propose de démarrer la carrière des profs à 2.300 euros, alors qu'ils sont actuellement deux fois moins payés que leurs collègues allemands et néerlandais".

Et pour les jeunes, elle leur promet 5.000 euros à tous le jour de leurs 18 ans. "Il faut les accompagner dans leur vie d'adulte. Arrêtons de nous indigner quand il s'agit de faire confiance aux jeunes ou aux catégories populaires et jamais quand on fait des cadeaux à ceux qui vont très bien en supprimant l'ISF", a-t-elle plaidé. "Ce capital permettra aux jeunes de déployer leur créativité, on a besoin de leur créativité et eux de notre confiance", a ajouté la maire de Paris.

Covid: la piste de l'allègement des restrictions

La maire de Paris a appelé à s'inspirer des pays levant les restrictions, à l'instar de la Grande-Bretagne et du Danemark: "Il y a le vaccin et de la prévention. Il faut regarder comment on vit dans la durée avec ce virus et comment on accompagne par la recherche et le séquençage l'évolution de virus".

Le dossier du crack à Paris

Et si Anne Hidalgo est en campagne présidentielle, elle n'en reste pas moins maire de Paris. Malgré un premier mandat de six ans, l'élue n'a pas réussi à endiguer le problème du crack. Elle estime ne pas avoir été aidée par le gouvernement et les autorités. Dernier épisode en date, l'annonce par la préfecture du déplacement des consommateurs de crack sur une friche industrielle inexploitée appartenant à la SNCF, dans le 12e arrondissement. Une décision prise sans consultation avec l'équipe municipale, assure-t-on du côté de la mairie.

"Nous nous élevons contre cette méthode qui consiste à déplacer les usagers de crack. Nous ne sommes pas d'accord avec cette idée qu'on déplace le problème sans pour autant s'en occuper. Le préfet ne met en place aucune sécurité pour les riverains. Il m'a dit que tous les trois mois, il allait les déplacer", a assuré Anne Hidalgo, très remontée.
"Si je suis présidente, je ne traiterai pas en déplaçant le problème. Ce problème, on le traite en créant des lieux pour les toxicomanes, à l'hôpital, en les suivant avec du personnel, des psychiatres et des structures dans une politique de réduction des risques. C'est ce que font nos voisins alors que ce gouvernement ferme les yeux. Personne ne vient interpeller et vous croyez que je vais endosser la responsabilité qui est la leur ?", a-t-elle ajouté.

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G.D.