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Réforme des retraites: les alliés de la majorité ont des idées pour "améliorer" le texte

Une journée de mobilisation contre la réforme des retraites est prévue ce jeudi. Pour essayer d'améliorer les contours de cette réforme, les alliés de la majorité s'activent pour pousser leurs propositions. Le texte est "améliorable", répète François Bayrou, du MoDem.

Ils voudraient que leurs propositions soient un peu mieux prises en compte. Les alliés de la majorité s'activent pour pousser leurs idées sur la réforme des retraites, alors qu'une grosse journée de mobilisation est prévue jeudi.

Le MoDem, mais aussi Horizons et Renaissance, poussent leurs pions. Les présidents des groupes parlementaires de la majorité ont été reçus à Matignon jeudi dernier pour défendre leurs idées. Un nouveau rendez-vous est d'ailleurs prévu ce mardi. 

"Notre meilleure chance, c’est de convaincre le gouvernement tout de suite d’intégrer nos propositions au texte", explique, au service politique de RMC, un conseiller.

De fait, dans l'hémicycle, le risque d’obstruction est tel que les amendements ne pourront sans doute pas tous être discutés.

Refaire un point en 2027?

D'autant plus que cette réforme est "améliorable", répète François Bayrou. Le MoDem défend, par exemple, une clause de revoyure et l’idée de refaire le point sur la réforme en 2027, sur l’équilibre du système. Cela permettrait de voir si les prévisions se sont confirmées et s’il est nécessaire de continuer, ou s’il est faisable de s’arrêter à 63 ans. 

Les centristes veulent aussi s’assurer qu’il n’y aura aucune exception aux 1.200 euros de minimum retraite. Sur l’emploi des séniors, ils proposent d’instaurer un rendez-vous pour chacun à 45 ans puis à 55 ans, une sorte de check-up pour mieux anticiper les fins de carrières, les évolutions ou les reconversions. 

Horizons travaille, de son côté, sur une proposition de contrat senior: un contrat qui permettrait en fin de carrière d’accompagner un jeune dans l’entreprise. Les proches d’Édouard Philippe poussent aussi pour que les aidants, qui arrêtent de travailler pour s’occuper d’un proche malade, puissent bénéficier de trimestres comptabilisés. Ils souhaitent aussi que les jeunes puissent mieux faire valoir leurs stages ou leurs emplois étudiants.

Des discussions très courtes autour du texte

Toutes ces propositions vont devoir être examinées dans un temps très limité. La première étape, c'est le Conseil des ministres lundi prochain. Les propositions pourront être discutées sous forme d’amendements au Parlement, sauf qu’effectivement il n'y aura pas beaucoup de temps. Le gouvernement a choisi d’utiliser le budget rectificatif de la sécurité sociale.

La procédure, c’est 50 jours maximum, en tout. Les députés n’auront que 20 jours dans l’hémicycle et il y a des risques que la gauche dépose des milliers d’amendements pour faire obstruction. Il y a donc toutes les chances que les députés n’aillent pas au bout et le texte serait alors directement envoyé au Sénat, sans vote. C'est d'ailleurs une procédure que le communiste Fabien Roussel menace de contester devant le Conseil d’État.

Sébastien Krebs