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Deux mois après des accusations de violences sexuelles, Taha Bouhafs charge LFI et Clémentine Autain

Taha Bouhafs, qui avait dû abandonner la course aux législatives après des accusations de "violence sexuelle", dénonce aujourd'hui le comportement de certains cadres de La France insoumise, déplorant n'avoir pu se défendre.

Le journaliste Taha Bouhafs a reproché mardi dans une lettre ouverte à La France insoumise de ne pas lui avoir permis de se défendre face aux accusations de "violence sexuelle" qui ont entraîné son retrait des élections législatives, réclamant "une procédure juste et équitable".

Alors candidat dans le Rhône, le journaliste s'était retiré le 10 mai en invoquant le "racisme" d'"attaques sans précédent" par des macronistes, la droite et une partie de la gauche. Mais LFI avait annoncé le lendemain qu'une enquête interne avait été ouverte à son encontre par le comité interne de suivi des violences sexuelles.

Dans une lettre ouverte à LFI publiée sur les réseaux sociaux, Taha Bouhafs rapporte n'avoir "jamais été confronté aux dites accusations", que ce soit avant ou après la divulgation par la presse du véritable motif du retrait. Et ce contrairement à ce qu'a alors annoncé LFI.

Il épingle également la députée Clémentine Autain, qui a recueilli certains témoignages contre lui et l'a enjoint d'abandonner sa candidature. Selon M. Bouhafs, Clémentine Autain a "avancé que la procédure n'a pas à aller jusqu'au bout puisque je me serais retiré de moi-même: c'est précisément sur sa demande que je me suis retiré, pour qu'une procédure se déroule sereinement".

La France insoumise dans l'embarras

"J'apprends donc qu'il n'y aura pas d'enquête, pas de vérifications, pas de confrontation. Taha éliminé. L'affaire est réglée. Circulez il n'y a rien à voir", s'indigne M. Bouhafs. Taha Bouhafs accuse également Clémentine Autain de l'avoir poussé à cacher les vraies raisons de son retrait, à savoir le signalement pour "violence sexuelle", et de mettre en avant les attaques politiques. Il raconte qu'après avoir exprimé sa réticence, il a fini par "accepter finalement" afin que la procédure se déroule "sereinement".

"Après une longue période de silence public et après plusieurs relances internes, je reviens vers vous par cette lettre pour vous demander une procédure juste et équitable dans laquelle je pourrais savoir ce que l'on me reproche exactement", écrit le journaliste.

Sollicitée par l'AFP, La France insoumise a indiqué son intention de réagir, mais n'avait pas donné suite en fin d'après-midi mardi. Le mouvement a dû gérer, durant la semaine écoulée, les rumeurs puis l'accusation par l'ex-militante insoumise Sophie Tissier de harcèlement sexuel à l'encontre du député LFI Eric Coquerel. Les Insoumis ont fait bloc pour défendre Eric Coquerel mais une procédure d'enquête interne a été ouverte, tandis que Sophie Tissier a porté plainte devant la justice.

G.D. avec AFP