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Sobriété énergétique à la fac: pas de "distanciel", et des aides financières "au cas par cas"

La ministre de l'Enseignement supérieur Sylvie Retailleau à l'Élysée, le 13 juillet 2022.

La ministre de l'Enseignement supérieur Sylvie Retailleau à l'Élysée, le 13 juillet 2022. - Ludovic MARIN / AFP

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Sylvie Retailleau, affirme sur RMC que le plan de sobriété énergétique ne se fera pas au détriment des cours en présentiel des étudiants, et annonce que l'Etat aidera "au cas par cas" les universités pour leurs factures.

La sobriété énergétique ne doit pas se faire au détriment des étudiants. C'est ce qu'a expliqué ce mercredi matin la ministre de l’Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, était invitée au micro de Charles Magnien sur RMC. Dans un contexte toujours tendu concernant la consommation énergétique de la France face à l’arrivée du froid hivernal, Sylvie Retailleau a pu donner son point de vue sur les conséquences de la sobriété énergétique au sein des universités françaises pour les mois à venir.

Elle a notamment réagi aux affirmations du président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken, qui avait expliqué mardi 20 septembre sur RMC vouloir fermer ses établissements pour deux semaines supplémentaires cet hiver, afin de réaliser davantage d’économies d’énergie. "Nous allons prolonger les vacances de Noël de quatre jours et celles de février de cinq jours", détaillait plus précisément Michel Deneken.

"Cette situation exceptionnelle ne doit pas impacter les étudiants", explique Sylvie Retailleau

Côté ministère, Sylvie Retailleau confirme ce mercredi sur RMC que son ministère a en effet “demandé à tous les présidents d'universités de réfléchir à ce plan de sobriété demandé par le gouvernement" et pense que le président de Strasbourg y répondait dans ce cadre.

Toutefois, si elle salue l’engagement du président de l’Université de Strasbourg, Sylvie Retailleau pense que "cette situation exceptionnelle (...) ne doit pas impacter le présentiel des étudiants. Je rappelle que l’on sort du Covid-19, nos jeunes ont vécu une période difficile et ont fait preuve de résilience. Il est important de leur permettre d'avoir des conditions d’enseignement majoritairement en présentiel".

L’État au secours financier des universités?

Alors, dans ce but d’assurer un maximum de présentiel dans les universités, l’État est-il prêt à mettre la main à la poche pour aider les établissements universitaires à payer la facture d’énergie? "L'État est en train de regarder pour aider et accompagner financièrement les établissements au cas par cas en regardant leur situation financière", répond la ministre.

"Nous allons accompagner, aider financièrement, au cas par cas pour cette année 2022", affirme-t-elle.

Concernant la température dans les salles de cours, qui pourrait être fixée à 19 degrés, Sylvie Retailleau répond aux inquiétudes des étudiants, et affirme qu’elle ne souhaite "surtout pas polémiquer sur ces conditions”. Selon elle, son ministère va “faire preuve de responsabilité", car elle “ne pense pas que l'on aura froid dans les universités cet hiver".

La ministre a aussi été interrogée sur une adaptation de long terme à cette sobriété énergétique. Des solutions émanent notamment quant à l’organisation du calendrier scolaire qui pourrait être repensé afin de mieux s’adapter aux dépenses énergétiques dans les établissements de l’enseignement supérieur.

Par exemple, une rentrée universitaire organisée plus tôt, à la fin du mois d’août, ou bien une fin des cours plus tardive pendant le mois de juillet, pourraient permettre de moins occuper les amphithéâtres et autres salles de classe au cours de l’hiver. L’équation est donc simple : moins de présentiel, moins de chauffage, et donc plus d’économie d’énergie.

Si Sylvie Retailleau n’a pas clairement dit que le calendrier serait amené à changer l’année prochaine, elle pense qu’il “va falloir considérer, regarder toutes les propositions qui sont avancées pour essayer d’optimiser au mieux, sans pénaliser l’enseignement et la recherche, (...) avec des nouvelles organisations qui pourront être mis au point”.

En clair, la question d’un changement de calendrier universitaire pour la rentrée de septembre 2023 “est sur la table”.

Alexis Lalemant