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L'appel d'Alexandra Lamy au gouvernement pour aider les femmes victimes de violences conjugales

Alexandra Lamy prend pour la première fois place derrière la caméra et réalise "Touchées", un téléfilm consacré à la reconstruction des femmes victimes de violences conjugales. Invitée de la Matinale Week-End, l'actrice lance un appel au gouvernement pour soutenir les associations consacrés à l'aide aux victimes et pour une réorganisation de la justice sur ces questions des violences intra-familiales.

Un film engagé et sincère. Alexandra Lamy, l'actrice qui s'est révélée dans la série "Un gars, une fille", réalise son premier long-métrage: "Touchées", un téléfilm diffusé sur TF1 le 22 septembre prochain à 21h10 et déjà disponible sur la plateforme Salto. Mélanie Doutey y joue le rôle de Lucie, une femme victime de violences conjugales qui se cache dans un appartement mis à disposition par une association d'aide aux femmes victimes de violences qui propose une thérapie basée sur l'escrime. Elle y va rencontrer notamment Claudia Tagbo (Nicole). Un casting 5 étoiles pour un film engagé.

Engagé, le mot ne fait pas peur à la réalisatrice. Invitée de la Matinale week-end de RMC, Alexandra Lamy lance un appel au gouvernement pour soutenir les associations qui aident ces femmes victimes de violences conjugales, sur qui elle a voulu mettre "un coup de projecteur".

"Je fais un appel au gouvernement: il faut soutenir les associations. C’est là qu’il faut mettre de l’argent. Quand une femme porte plainte au commissariat ou à la gendarmerie, c’est déjà compliqué, et une fois qu’elle a porté plainte, on lui dit "rentrez chez vous". Si cette femme ne peut pas rentrer chez elle, où est ce qu’elle va ? S’il n’y a pas les associations pour les aider, les accompagner, il n’y a personne."

Soutenir les associations, un tribunal dédiée aux violences conjugales et intra-familiales

Alexandra Lamy souhaite que des endroits dédiés puissent être créés pour accueillir ces femmes victimes de violences, avec leurs enfants. Pour elle, "il faut soutenir les associations pour que les gendarmes, les policiers puissent travailler avec elles."

"Il y a une chose terrible : pourquoi les femmes retournent là où est l’agresseur? Parce que souvent elles ont des enfants, elles n’ont pas de moyens, il faut trouver des endroits où on peut les accueillir avec les enfants."

Pour les gendarmes et les policiers, elle propose plus de formation et surtout un tribunal dédié à ses affaires de violences conjugales:

"Il faut avoir un tribunal dédié à ces affaires, il faut de l’argent, des magistrats et des gendarmes formés. Peut-être que l’argent qu’on perd là, on va le gagner ailleurs."

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"Pourquoi dans une maison où il y a un agresseur, on retire la victime et les enfants. Pourquoi on ne retire pas déjà l’agresseur ?" s'interroge aussi l'actrice qui voit dans cette problèmatique "un vrai souci":

"Il faut s’occuper de l’agresseur. Parce que dans 75% des cas l’agresseur a lui-même été agressé. Les agresseurs on ne sait pas où les mettre parce qu’il n’y a pas d’associations qui s’occupent des agresseurs."

"Je veux que ce soit vu le plus possible"

Engagée, elle l'assume. Alexandra Lamy a vu dans la possibilité de faire ce film un moyen de s'adresser au plus grand nombre. Un téléfilm, qui passe à la télévision. Un chose primordiale pour l'actrice: "Je voulais vraiment que ce sujet passe à la télé parce que les gens qui sont touchés par ça n’iraient pas au cinéma. Je veux rentrer dans le salon des Français. Je veux que ce soit vu le plus possible. Pour que ça touche tous ceux qui sont concernés. Parce qu’ils ont besoin de ça !"

Mais "Touchées" n'est pas un film négatif. Pour la réalisatrice, ce qui est intéressant en faisant ce téléfilm inspiré du livre graphique du même nom de Quentin Zuttion, "c’est de parler de la reconstruction":

"La parole se libère c’est merveilleux. Mais après, on peut se reconstruire, sortir de l’état de victime, et dire un jour oui j’ai été victime."
https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC