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Crise à l’hôpital: les urgences du CHU de Nantes se mettent en grève

Les urgentistes de l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu à Nantes ont fait valoir leur droit de grève ce lundi, afin d’alerter sur les conditions de travail au sein du service. Le préavis de grève a d’ailleurs été étendu à d’autres services dimanche.

La grève s’étend à l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu à Nantes (Loire-Atlantique). Après les pédiatres, ce sont aux urgentistes d'alerter sur leurs conditions de travail. Le service des urgences s'est mis en grève ce lundi à minuit.

Les soignants du CHU dénoncent des cadences infernales et un manque de matériel, dont les patients sont les premières victimes selon le personnel en grève.

Pour Olivier Terrien, secrétaire général de la CGT au CHU de Nantes et employé de l’établissement depuis 1998, “les conditions de travail, aujourd’hui, sont indignes et inhumaines”.

Si de multiples aspects des services de l’hôpital semblent dysfonctionner, Olivier Terrien dénonce principalement la fermeture des lits au sein du CHU.

“On n’a plus de lits pour pouvoir hospitaliser ces patients. Et donc ces patients restent plusieurs jours, 72h voire parfois beaucoup plus sur des brancards”, explique-t-il au micro de RMC.

Aussi, selon le syndicaliste, les employés de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu sont sous pression car un nouvel établissement hospitalier universitaire doit ouvrir sur l'Île de Nantes. Pour Olivier Terrien, le CHU actuel doit alors faire encore plus de marge pour financer ce nouvel hôpital, entraînant des économies sur les salaires et sur le matériel de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu.

150 millions d'euros, un plan "insatisfaisant" selon la CGT

De manière générale, Olivier Terrien explique que "l’on a des délais de prise en charge à l’hôpital public qui se sont rallongés". Et à l’instar d’autres services de pédiatrie en France, Olivier Terrien dénonce aussi la situation extrêmement tendue de l’unité pédiatrique au CHU de Nantes.

Selon lui, “sur la chirurgie cardiaque pédiatrique, aujourd’hui, on a plus de 40 enfants qui devraient être opérés d’ici la fin de l’année, et on a que onze plages opératoires”. Selon les chiffres de l’ARS cités par Olivier Terrien, 700 lits ont été fermés en chirurgie entre 2015 et 2020.

Les revendications sont alors simples: "Ce que l’on exige, c’est un changement radical de politique et qu’on nous donne les moyens à l'hôpital public de pouvoir fonctionner".

Dans l’émission Apolline Matin sur RMC ce lundi 24 octobre, la ministre déléguée aux professions de Santé, Agnès Firmin Le Bodo a affirmé que le ministère avait “entendu le message des pédiatres ce week-end et nous avons répondu avec un plan de 150 millions d’euros".

Du côté d’Olivier Terrien, le secrétaire général CGT de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu à Nantes, on qualifie ce montant d’”insatisfaisant”. Il pense que ce plan "ne réglera rien du tout" car c'est une solution temporaire à une crise structurelle.

Alexis Lalemant