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EN DIRECT Réforme des retraites: "Indispensable et vitale" selon Emmanuel Macron

Élisabeth Borne, la Première ministre, a présenté le projet de réforme des retraites du gouvernement, ce mardi. Âge légal de départ, prise en compte de la pénibilité, amélioration du disposition des carrières longues: de nombreuses mesures ont été annoncées. À la suite de cette prise de parole, les syndicats ont appelé à la mobilisation le 19 janvier contre cette réforme qui va, selon eux, "aggraver la précarité". Au niveau politique, les oppositions critiquent également le projet. Porte-parole du gouvernement, Olivier Véran assure vouloir éviter le 49.3.
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La réforme des retraites est "indispensable et vitale" selon Emmanuel Macron

La réforme des retraites est "indispensable et vitale", a dit Emmanuel Macron au gouvernement ce mercredi matin, en Conseil des ministres, selon le porte-parole Olivier Véran. Le chef de l'Etat a "insisté sur toutes les avancées sociales" et appelé les ministres à la "mobilisation" pour "expliquer aux Français très concrètement" ce "qui va changer pour eux".

Le gouvernement "ne se projette pas dans l'idée d'une mobilisation massive", a ajouté l'ancien ministre de la Santé.

"Nous souhaitons l'adopter sans 49.3", assure Olivier Véran

Le gouvernement souhaite faire adopter sa réforme des retraites sans passer par l'article 49.3 de la Constitution, a assuré mercredi son porte-parole Olivier Véran, confiant dans la possibilité de disposer d'une "majorité absolue" grâce au renfort des Républicains.

"Nous souhaitons l'adopter sans 49.3", a expliqué sur Franceinfo le ministre délégué chargé du Renouveau démocratique au lendemain de la présentation du texte par la Première ministre Elisabeth Borne.

"Je reste évidemment prudent, je ne vais pas parler au nom de groupes d'opposition, mais si j'écoute ce que disent les Républicains et les réactions à la présentation du projet de la Première ministre, il semble qu'on ne soit pas loin d'avoir un vote favorable sous conditions", a-t-il argué.

"Si nous obtenions effectivement cet accord de la part du groupe des Républicains, nous disposerions de fait d'une majorité absolue, ça veut dire qu'il n'y aurait pas besoin dans tous les cas de de recourir au 49.3", qui permet l'adoption d'un texte sans vote, a-t-il insisté.

La réforme est "injuste", tacle Xavier Bertrand le président des Hauts de France

Le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand a taclé ce mercredi sur RMC et BFMTV une réforme "profondément injuste", estimant qu'il fallait cependant réformer le système: "J'ai toujours pensé qu'il fallait travailler 2 années de plus mais à une condition, que la réforme soit juste. Et cette réforme est injuste. C'est une réforme pour les gens qui vont bien", a-t-il assuré.

Pour celui ou celle qui a commencé à travailler très jeune, même avant 20-21 ans, celui qui est donc moins formé, moins payé, lui il va devoir faire 44 années de cotisations, elle est où la justice ?", a interrogé Xavier Bertrand

"Ce que je demande c’est que quelqu’un qui a fait 43 années de cotisation puisse partir à taux plein avant 64 ans, ça c’est de la justice", a appelé le président des Hauts-de-France.

"C'est une réforme pour les gens qui vont bien et qui ne vont pas changer leurs habitudes de vie", a-t-il conclu.

Qui sont les gagnants et les perdants de la réforme des retraites?

Prisca Thévenot, députée et porte-parole Renaissance, sur RMC: "Le système actuel ne va pas bien"

"La base de travail, c’est un constat partagé. Nous avons encore aujourd’hui des retraités qui ont une carrière complète et qui ont malgré tout des pensions en-dessous de 1.000 euros par mois. Nous avons encore des femmes qui sont victimes d’un système de retraites qui ne prend pas assez en compte leurs carrières spécifiques, hachées, le congé parental… Le système actuel ne va pas bien. Augmenter les pensions minimales, travaillons dessus. Permettre aux femmes d’avoir leurs carrières mieux prises en compte, travaillons dessus. Et cela a un coût."

Aurélie Trouvé, députée LFI, sur RMC: "Profondément injuste"

"C’est profondément injuste. C’est la raison pour laquelle il y a plus de 80% des Français qui sont contre cette réforme. Et pourtant, le gouvernement persiste et signe. Surtout, la totalité des syndicats de salariés appellent à une grande journée de mobilisation le 19 janvier. Et les jeunes appellent aussi à être dans la rue le 21 janvier. Cela concerne tout le monde, notamment parce que ça va créer du chômage en plus. (…) La perspective d’une retraite heureuse est encore davantage retardée, alors qu’à 62 ans, les gens sont déjà, pour beaucoup, épuisés au travail. Et là, on va les faire bosser deux ans de plus."

Un calendrier législatif très serré

La course contre la montre démarrera dès la présentation de la réforme en conseil des ministres le 23 janvier prochain. Le texte, instantanément attendu en commission à l'Assemblée, prendra la forme d'un projet de loi de finances rectificatif de la sécurité sociale. Un choix, dénoncé par l'opposition de gauche, qui permettra s'il le souhaite au gouvernement de faire usage d'un nouveau 49-3 pour écourter les débats si nécessaire. Car les députés de la Nupes, LFI en tête, sont bien décidés à mener la bataille à l'Assemblée en parallèle à la mobilisation dans la rue. Avec 1.000 amendements par député mélenchoniste dans une stratégie d'obstruction. Des débats qui s'annonncent déjà houleux et dans un temps limité. Dix jours d'examen à l'Assemblée, puis dix jours au Sénat pour une réforme qui devrait être votée autour de la mi-mars et une mise en application au 1er septembre.

Le gouvernement va encore devoir convaincre LR

La Première ministre Elisabeth Borne va sans doute encore devoir revoir sa copie pour convaincre certains Républicains plus réticents que leur patron Eric Ciotti. Ces derniers veulent notamment faire bouger le gouvernement sur les carrières longues. Hors de question pour eux de faire travailler les jeunes apprentis qui ont commencé leur carrière à 16 ans pendant 44 ans contre 43 ans pour le reste de la population. Les Républicains qui veulent aussi ouvrir le chantier des pensions de reversion pendant le débat parlementaire pour permettre notamment aux enfants handicapés de percevoir une partie de la retraite de leurs parents à leur décès.

En coulisses, les discussions pourraient se poursuivre aussi avec les syndicats, notamment sur la question de la pénibilité. Point critique pour la CFDT, qui n'a pas obtenu la réintégration du port de charges lourdes dans le calcul des points pénibilité.

Les syndicats pourront reconnaître des "avancées" selon Elisabeth Borne

Les syndicats devraient pouvoir reconnaître des "avancées" dans le projet du gouvernement de réforme des retraites, a estimé Elisabeth Borne mardi soir sur France 2. "Il y a des avancées, il y a des mesures de justice, il y a des progrès. Et donc je pense que les syndicats pourront sans doute le reconnaître ultérieurement", a déclaré la Première ministre, qui venait de présenter en conférence de presse cette réforme.

"On tient compte des situations de ceux qui ont commencé à travailler tôt et (...) on améliore la prise en compte (des) métiers difficiles. On fait beaucoup de prévention de l'usure professionnelle, on a des avancées sur le niveau des pensions, pour les futurs retraités, pour les retraités actuels. Donc moi je souhaite convaincre", a ajouté Elisabeth Borne.

Pénibilité: qui aura le droit de partir plus tôt en retraite?

Lors de la présentation de la réforme des retraites ce mardi, la Première ministre, Elisabeth Borne, a abordé la question de la pénibilité au travail. "Nous devons prendre en compte l'usure professionnelle liée aux conditions d'exercice de certains métiers", a assuré la Première ministre. Alors comment la pénibilité du travail sera-t-elle vraiment prise en compte et qui aura le droit de partir plus tôt à la retraite?

Pompiers, policiers, aides-soignants travailleront plus longtemps mais continueront à partir plus tôt "compte-tenu de leur exposition au risque". Ils appartiennent aux fonctionnaires dits de catégories actives. Pour les autres, coiffeurs courbés, manutentionnaires soulevant de très lourdes palettes, c'est plus flou…

"Ce n'est pas le gouvernement qui va arrêter une liste de métiers", a prévenu Elisabeth Borne. L'exécutif se reposera sur la sécurité sociale pour identifier les métiers où il y a le plus souvent des problèmes de santé ou d'incapacité de travail.

>> Pénibilité au travail: qui aura le droit de partir plus tôt en retraite avec la nouvelle réforme?

"Il faudra qu’on frappe vite et fort"

La riposte sera le 19 janvier. Après les annonces du gouvernement sur la future réforme des retraites, les syndicats n’ont pas tardé à répondre en appelant à la mobilisation le jeudi 19 janvier. Et ça pourrait être la première date d'une longue série.

Un appel unanime. CGT, CFDT, CGC, CFTC, FO, FSU, Solidaires, UNSA: tous ont parlé d’une même voix. Les huit leaders des principaux syndicats sont apparus côte à côte mardi soir pour mener la bataille contre la réforme des retraites.

>> "Il faudra qu’on frappe vite et fort": les syndicats unis contre la réforme des retraites

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Les syndicats appellent à une mobilisation le 19 janvier

À la suite des annonces du gouvernement pour la réforme des retraites, les organisations syndicales annoncent une date de mobilisation.

"Toutes les organisations syndicales se sont immédiatement réunies pour construire une réponse commune de mobilisation interprofessionnelle. Celle-ci prendra la forme d’une première journée de grèves et de manifestations le 19 janvier 2023."

"Attachées à un meilleur partage des richesses, les organisations syndicales n’ont eu de cesse pendant la concertation avec le Gouvernement de proposer d’autres solutions de financement, à commencer par l’amélioration de l’emploi des seniors. Jamais le gouvernement, arcbouté sur son projet, ne les a étudiées sérieusement", a précisé l'intersyndicale, dans un communiqué.

Retraites: la droite "satisfaite d'avoir été entendue" sur l'âge et les petites pensions

La droite est "satisfaite d'avoir été entendue" par le gouvernement sur le rythme de report de l'âge de départ à la retraite et la revalorisation des petites pensions, a réagi, ce mardi, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, Olivier Marleix.

"Nous prenons acte que la Première ministre a entendu un certain nombre de demandes, la première et la plus importante est que le rythme ne soit pas brutal", a-t-il dit à la presse, affirmant que son groupe présenterait un amendement pour "une vraie clause de revoyure" une fois l'âge de départ porté à 63 ans et avant de "poursuivre le cas échéant à 64 ans".

Le Medef salue des "décisions responsables et pragmatiques"

Le Medef, Mouvement des entreprises de France, a salué "les décisions responsables et pragmatiques" du gouvernement, après ses annonces sur la réforme des retraites.

Un "index seniors" sera obligatoire dès 2023 dans les grandes entreprises

Un "index" mesurant l'emploi des seniors devra être mis en place pour les entreprises de plus de 1.000 salariés à partir de cette année. Pour celles de plus de 300 salariés, cela sera en 2024.

"Il permettra de valoriser les bonnes pratiques et de dénoncer les mauvaises", a fait valoir la Première ministre.

"Le refus de renseigner l'index sera un motif de sanction", a ensuite assuré le ministre du Travail, Olivier Dussopt.

Mélenchon qualifie cette réforme de "grave régression sociale"

Jean-Luc Mélenchon dénonce "une grave régression sociale" alors que le gouvernement détaille les contours de la réforme des retraites

Borne se dit prête à "faire encore évoluer" la réforme des retraites au Parlement

Elisabeth Borne s'est dite prête à "faire encore évoluer" la réforme des retraites, "grâce à un débat parlementaire loyal et constructif".

"Nous voulons le dialogue, nous l'avons montré ces derniers mois", a-t-elle déclaré. "Cette présentation n'est donc pas un point final."

Les oppositions s'expriment en parallèle des annonces du gouvernement

Alors que les différents ministres s'expriment pour détailler les contours de la réforme des retraites, les oppositions s'expriment.

C'est le cas de Mathilde Panot, présidente du groupe des Insoumis à l'Assemblée nationale.

Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national, a dénoncé, de son côté, une "réforme injuste".

Le dispositif "carrières longues sera plus juste, notamment pour les femmes"

Elisabeth Borne a annoncé que la réforme mettra un dispositif "plus juste" pour les carrières longues, notamment pour les femmes".

Olivier Dusspot, ministre du Travail, a précisé les conditions de la réforme, pour les carrières longues.

"Nous apporterons une réponse aux carrières débutées très tôt, pour permettre aux travailleurs ayant validé cinq trimestres avant 18 ans, de partir 4 années avant l'âge légal d'ouverture des droits.

Concrètement, une personne qui aurait commencé à travailler en tant qu'apprenti le jour de ses 16 ans, par exemple, comme mécanicien ou comme boulanger, pourra partir à 60 ans. Les assurés qui ont commencé leur carrière avant 16 ans, continueront eux, de partir dès 58 ans, dans des conditions facilitées par rapport à aujourd'hui."

Les interruptions de carrière pour élever ses enfants seront désormais prises en compte dans l'accès au dispositif carrières longues.

La réforme "actera l'extinction des principaux régimes spéciaux"

La réforme "actera l'extinction des principaux régimes spéciaux": "les nouveaux embauchés à la RATP, dans la branche industries électriques et gazières et à la Banque de France" seront notamment affiliés au régime général pour la retraite, a précisé la cheffe du gouvernement.

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Le minimum de pension revalorisé

Dans ce projet de réforme, le gouvernement souhaite revaloriser le minimum de pension.

"Conformément à notre engagement, les salariés et les indépendants, qui ont cotisé toute leur vie avec des revenus autour du SMIC, partiront avec une pension de 85% du SMIC net, soit une augmentation de 100 euros par mois. C'est près de 1.200 euros par mois dès cette année", a expliqué Elisabeth Borne.

Borne: La réforme des retraites vise à garantir "l'équilibre" du système en 2030

La réforme des retraites présentée vise à garantir "l'équilibre de notre système en 2030", a déclaré Elisabeth Borne.

"Laisser s'accumuler" les "déficits serait irresponsable", a-t-elle estimé, assurant proposer un "projet de justice et un projet porteur de progrès social". Elle a aussi affirmé que ce projet était à ses yeux "meilleur qu'il était il y a six mois" avant la concertation avec les partenaires sociaux et les forces politiques.

Pénibilités: "Le port de charge lourde ou les postures pénibles", seront pris en compte

Le gouvernement était attendu sur la question de la pénibilité. La Première ministre a annoncé que "le port de charge lourde ou les postures pénibles", seront pris en compte par la réforme.

"Pour ces travailleurs, nous allons renforcer le suivi médical, repérer les fragilités et mieux accompagner vers des départs à 62 ans", a-t-elle précisé.

Un fonds d'investissement d'un milliard d'euros va être créé pour la prévention de l'usure professionnelle.

"Nous voulons convaincre", dit Elisabeth Borne

Elisabeth Borne présente le projet de réforme des retraites, dans une conférence de presse.

"Nous devons être capable de regarder la réalité en face. J’ai bien conscience que faire évaluer notre système de retraite suscite des interrogations et des craintes chez les Français. Nous voulons y répondre et convaincre", a-t-elle déclaré.

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L'âge légal de départ atteindra 64 ans en 2030

Le gouvernement a annoncé que l'âge légal de départ à la retraite atteindra 64 ans en 2030, contre 62 ans aujourd'hui. L'âge légal sera progressivement relevé au rythme de trois mois par an à partir du 1er septembre prochain. Il sera donc fixé à 63 ans et 3 mois en 2027 à la fin du quinquennat, puis atteindra la cible de 64 ans en 2030.

Il faudra également avoir cotisé 43 ans dès 2027 au lieu de 2035 pour une retraite à taux plein.

Le RN veut "prendre la tête de l'opposition à la réforme des retraites"

Le nouveau président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a indiqué vouloir "prendre la tête de l'opposition à la réforme des retraites", mardi, lors de ses voeux à la presse. Elu début novembre à la tête du parti d'extrême droite, il a estimé que "le RN aura montré (en 2022) une nouvelle fois sa solidité, sa maturité, sa volonté de gouverner comme sa capacité de projection", après une année électorale marquée par le troisième échec de Marine Le Pen à la présidentielle, mais l'élection de 89 députés deux mois plus tard.

Si "le RN entend prendre la tête de l'opposition à la réforme des retraites", en prédisant que "le sentiment d'abandon et d'injustice est en train de provoquer une véritable coagulation des colères", Jordan Bardella ne compte pas pour autant se joindre aux manifestations syndicales et politiques qui se préparent, aiguillonnées par la gauche.

"Peut-être que certains de nos électeurs veulent participer à ces manifestations, c'est leur choix, c'est leur droit", a-t-il ajouté, en observant que "le meilleur moyen de changer la politique, c'est d'utiliser les urnes". "La motion de censure sera l'heure de vérité", a-t-il encore estimé, au contraire selon lui des "blocages" dans la rue "qui pénalisent bien souvent les Français qui bossent".

Qui est Olivier Dussopt, le ministre qui était contre le report de l'âge de départ?

A la manoeuvre sur la réforme des retraites, avec Elisabeth Borne, le ministre du Travail Olivier Dussopt est un ancien socialiste qui était clairement contre le report de l'âge de départ à la retraite en 2010.

>> Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, était auparavant contre le report de l'âge de la retraite

Le gouvernement compte sur LR

A défaut du soutien des syndicats et des Français, opposés à 68% au recul de l’âge légal à 64 ans, le gouvernement compte s’appuyer sur les Républicains au Sénat et à l’Assemblée pour faire voter sa réforme des retraites. Des discussions qui démarreront dès le 6 février en hémicycle et qui s’annoncent déjà houleuses. La France insoumise devrait jouer l’obstruction parlementaire, quand la majorité tentera de faire entendre ses positions pour faire évoluer le projet du gouvernement. Plusieurs sujets seront en discussion comme la pénibilité, le travail des séniors ou encore cette proposition de François Bayrou, le patron du Modem, qui veut augmenter les cotisations patronales pour que les efforts demandés dans le cadre de cette réforme ne soient pas uniquement concentrés sur les salariés.

Une retraite minimale à 1.200 euros?

Sur la pénibilité, le gouvernement pourrait réintroduire certains critères supprimés en 2017 comme le port des charges lourdes. La question des carrières longues doit aussi être tranchée, avec la possibilité ou non de partir de deux à quatre ans plus tôt en fonction du nombre de trimestres travaillés avant 16 ou 20 ans. La question du travail des séniors est elle aussi attendue. Depuis plusieurs mois, le gouvernement planche sur un dispositif cumul emploi-retraite et la création d'un index pour maintenir les salariés les plus âgés dans l'emploi. Mais le point le plus attendue reste la retraite minimale à 1.200 euros bruts pour une carrière pleine. Un dispositif à ce stade prévu pour les futurs retraités. La question est de savoir s'il sera progressivement élargi à tous les retraités.

"On est fracassé et on n'a même pas le droit à la pénibilité"

Plusieurs salariés exerçant un métier pénible s'inquiètent d'arriver déjà usés à leur retraite. Khemissa, 52 ans, ouvrière dans un abattoir à Fleury-les-Aubrais dans le Loiret, témoigne d'un "travail difficile car on est, toute la journée debout dans le froid, avec parfois des journées de dix heures". "On est fracassé et on n'a même pas le droit à la pénibilité", indique-t-elle.

>> "On est fracassé": la pénibilité, l'un des grands enjeux de la réforme des retraites

Le coup de gueule du cheminot Brunot Poncet sur RMC

"L’inflation est un frein aux luttes sociales"

Jean Viard, sociologue et politologue, sur RMC:

"Un sociologue n’est pas un pronostiqueur, on n’est pas au tiercé. Il va y avoir, de toute façon, des mouvements sociaux forts. Cela fait partie du rapport de force social, c’est prévisible et normal. Est-ce que ça va durer longtemps? C’est difficile de répondre. Il y a deux phénomènes. Le développement des mouvements ‘Gilets jaunes’, un peu incontrôlables, qui vont inventer des formes originales, amusantes, de manifestation. Et l’autre élément, c’est qu’avec l’inflation, la guerre en Ukraine, la bataille climatique, les fins de mois sont difficiles. Donc il y a moins de marge pour les jours de grève. Et en hiver, ce n’est pas trop la période. Donc c’est relativement imprévisible. A mon avis, tous les éléments ne sont pas sur la table, parce que l’inflation est un frein aux luttes sociales. Mais il y aura des luttes sociales, évidemment."

"Heureusement que la pénibilité diminue"

Jean Viard, sociologue et politologue, sur RMC:

"Si on a gagné 20 ans d’espérance de vie depuis la guerre et sept ans depuis 1981, c’est à cause des progrès de la médecine mais aussi parce que les conditions de travail ne sont plus exactement les mêmes. Il y a d’autres charges, les gens ont raison de le dire. Heureusement que la pénibilité diminue, parce qu’on fait tout pour ça. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des métiers pénibles. Et il y a des énormes différences."

"Jusqu’à maintenant, on était sur des logiques de métiers. On appelait ça les régimes spéciaux. Donc la question, c’est : est-ce que c’est par métier ou est-ce qu’on en arrive à une individualisation de la pénibilité? Par exemple, est-ce que des médecins évaluent ça à 55 ans? Je ne vais pas trancher, évidemment. Mais quand vous regardez les différents pays d’Europe, la déclaration du sentiment d’être usé est beaucoup plus précoce en France. Soit on est nul en prévention, ce qui est le cas je crois. Soit on n’y attache pas assez d’importance dans les entreprises. L’autre jour, dans un supermarché, il y avait deux caissières. Toutes les 20 minutes, elles changeaient de côté, pour ne pas tirer avec le même bras toute la journée. Ça a l’air d’un détail, mais l’attention au moindre geste de travail change les données."

"Le grand enjeu est vraiment sur les carrières longues et la pénibilité"

Mathieu Plane, économiste, directeur adjoint du département analyses et prévisions de l'OFCE, sur RMC:

"Cette réforme risque d’être vue comme assez inégalitaire, peu sociale. Le gouvernement essaye de mettre des dispositifs plus sociaux, notamment sur le minimum contributif. Mais le grand enjeu est vraiment sur les carrières longues et la pénibilité. Un cadre qui est rentré sur le marché du travail à 23-24 ans ne sera pas concerné par la retraite parce que de toute façon, pour avoir 43 annuités, il sera au-dessus de 65 ans. La réforme ne changera pas grand-chose. La question est vraiment pour ceux qui rentrent plus tôt sur le marché du travail, qui auraient pu sortir. Et sur les carrières longues."

"Il y a des métiers qui sont difficiles, mais qui ne sont pas pénibles au sens propre. Il y a des ports de charge, du travail de nuit… Il y a énormément de métiers qui ne vont pas forcément rentrer dans le critère de pénibilité. Il faudra travailler plus longtemps mais aussi que les entreprises gardent les personnes jusqu’à 64 ou 65 ans. Il va falloir absorber énormément de séniors dans l’emploi."

"J'ai l'impression qu'on m'a brisé mes ailes"

Pour certains Français, comme Valérie, qui avait le 1er janvier 2023 dans le viseur depuis un moment, la réforme des retraites pourrait être vécue comme une désilusion.

Si la réforme entre en vigueur à la fin de l'été 2023, la première génération concernée pourrait être celle née au deuxième semestre 1961. Cette génération verrait l'âge légal de départ à la retraite repoussé progressivement. Ainsi, pour un départ en 2023, l'âge légal passerait de 62 ans à 62 ans et 4 mois.

> Plus d'informations et témoignages dans notre article ici

Clémentine Autain, députée LFI, sur RMC-BFMTV: "Cette réforme est une grande régression"

"Il n'y aura pas de gagnants à cette réforme des retraites"

Mathieu Plane, économiste, directeur adjoint du département analyses et prévisions de l'OFCE, sur RMC:

"L’idée, c’est qu’il n’y ait pas vraiment de gagnants. On cherche des économies. Le gouvernement dit que ça réforme apporte à peu près 18 milliards. Ceux qui ne vont pas perdre, normalement, ce sont les retraités, parce qu’ils ne sont pas mis à contribution. Ceux qui perdent, ce sont les actifs, qui vont devoir travailler plus longtemps, notamment ceux qui ont commencé à travailler plus jeunes et qui auraient pu partir à 62 ans, à taux plein. C’est cette catégorie d’âge qui a commencé à travailler vers 18-20-21 ans, qui aurait pu partir à la retraite dans le système actuel."

Olivier Dussopt, l'autre visage qui incarne cette réforme des retraites

Une première grande manifestation dès le 19 janvier?

Les opposants à la réforme des retraites sont d’ores et déjà sur le pied de guerre. Dans la foulée des annonces d'Élisabeth Borne ce mardi soir, les chefs des huit principaux syndicats se réuniront à la Bourse du travail, à Paris, à 19h, pour préparer la riposte.

Le vrai objectif de ce rendez-vous est double. D’abord maintenir leur unité, essentielle selon eux pour mobiliser au-delà des cercles militants. Et puis, il faut décider d'une première grande date de manifestation. Le jeudi 19 janvier est sur toutes les lèvres, car il permettrait de devancer la marche de La France insoumise, deux jours plus tard. Mais certains poussent pour le mardi 24, ce qui laisserait plus de temps pour construire un mouvement dur et durable.

>> Retraites: une première grande manifestation contre la réforme dès le 19 janvier?

La prise en compte du travail pénible suffisante?

Les renseignements s'inquiètent de grèves de longue durée

Selon une note en date du 6 janvier, les renseignements territoriaux s'inquiètent des mouvements de grève qui vont suivre les annonces autour de la réforme des retraites

>> Retraites: les services de renseignements territoriaux s'inquiètent de grèves de longue durée

Réforme des retraites: le moment de vérité pour Elisabeth Borne

C'est le jour J. Elisabeth Borne, la Première ministre, va annoncer ce mardi à 17h30 le contenu du projet de réforme des retraites. L'âge de départ devrait être repoussé à 64 ans. Et le gouvernement souhaiterait également accélérer l'allongement de la durée de cotisation. D'autres points restent en suspens.

>> Retraites: avec la présentation de la réforme ce mardi, Elisabeth Borne en première ligne

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