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Incendie mortel de Vaulx-en-Velin: les dealers sont déjà de retour dans le quartier

Alors que l’enquête de police est toujours en cours dans le quartier du Mas-du-Taureau, à Vaulx-en-Velin (Rhône), le point de deal a repris ses activités, au grand dam des habitants qui s’estiment laissés pour compte.

Près d'une semaine après l’incendie d’un bâtiment résidentiel qui a fait dix morts, dont quatre enfants, à Vaulx-en-Velin (Rhône), les habitants sont encore sous le choc. À la tristesse des résidents vaudais, s’ajoute désormais l’incompréhension, alors que les dealers sont de retour dans le quartier du Mas-du-Taureau.

Il suffit de faire le tour de l’immeuble sinistré pour s’en apercevoir. Les guetteurs, les voitures qui défilent… Oui, le deal a repris ses droits à l’endroit du dramatique incendie.

“Les voir revenir, moi ça me met extrêmement en colère. On se dit qu’il y a quand même eu dix personnes qui sont mortes dans cet incendie, et quelques jours après seulement les choses reviennent entre guillemets à la normale”, déplore Claire, une habitante du quartier qui souhaite rester anonyme.

Un syndicat de police déplore un manque de moyens humains

Si les dealers laissent les habitants tranquilles, tant qu’ils n’interfèrent pas dans leur trafic, l’ambiance reste pour le moins pesante au quotidien.

“C’est vrai que des fois, ça va loin. Ils ont des passages à tabac entre eux des fois, donc c’est pas du tout rassurant. Nous, on assiste à ça depuis nos fenêtres… Je sais qu’il y a certains habitants qui n’hésitent pas à appeler la police, mais de manière générale elle est très peu présente sur le secteur. On est un peu délaissé avec ces histoires”, raconte cette voisine.

Ce témoignage est corroboré par Sébastien Gendraud, secrétaire départemental adjoint Unité SGP Police. Selon lui, les forces de l’ordre sont, d’une certaine manière, impuissantes face au fléau du trafic dans ce quartier.

“Ce qu’il manque, c’est des moyens humains sur l’agglomération pour avoir un peu plus de travail de fond. À l’heure actuelle, malheureusement, on demande aux fonctionnaires de travailler vite. On arrive à mettre fin au point de deal, mais derrière malheureusement dès le lendemain, un nouveau point se remet en place”, analyse-t-il.

Le syndicat semble donc être sur la même longueur d’onde que la municipalité de Vaulx-en-Velin sur cette problématique. Mardi sur RMC, Hélène Geoffroy, la maire (PS) de la ville, avait demandé à avoir “une police de façon continue”.

“En réalité, aujourd’hui, il s’agit d’interventions régulières et des trafiquants ont déjà été arrêtés et des filières démantelées, mais nous sommes dans un mouvement de réinstallation, de façon régulière. Dans ces immeubles, il y a déjà eu des démantèlements de filière il y a quelques mois et puis les trafiquants sont revenus sur ce secteur. Ce qu’il faudrait, c’est que la police nationale puisse être installée de façon permanente. Il faut retravailler la configuration urbaine du quartier, qui facilite", avait-elle notamment lancé au micro d’Apolline de Malherbe.

Sur place, les habitants semblent en tout cas résignés. Claire, par exemple, envisage de quitter ce quartier, où elle a pourtant grandi.

Pour ce qui est de l’enquête, la piste criminelle n’est pas privilégiée à l'heure actuelle, aucun produit déclenchant ou toxique n’ayant été retrouvé sur la zone de départ de feu.

Toutefois, l’incendie aurait pu partir d’un mégot de cigarette enflammant un canapé installé par des squatteurs au rez-de-chaussée du bâtiment, selon une source proche du dossier à BFMTV. Une autre piste évoquée par des témoins sur place, celle d'un chauffage d'appoint installé par des squatteurs, alors qu’il faisait effectivement très froid la semaine de l'incendie.

Plusieurs témoins ont d’ailleurs confié à la police avoir découvert des traces de feu dans le hall les jours précédant la catastrophe.

Martin Cadoret, avec A.L.