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Victime de violences conjugales, Myriam raconte comment elle s'est faite justice elle-même

Victimes de violences conjugales répétées et après avoir porté plainte, sans conséquences, Myriam une auditrice des "Grandes Gueules", raconte comment elle a décidé de se faire justice elle-même. Une décision qui l'a envoyée en prison.

Les pouvoirs publics s'inquiètent après deux faits divers qui ont vu des citoyens se faire justice eux-mêmes. À Roanne, c'est le père d'une fillette de six ans agressée par un mineur isolé, qui a retrouvé le coupable présumé et l'a violemment passé à tabac avant de le remettre aux autorités. À Nantes, après le meurtre d'une femme de 47 ans, les habitants du quartier du drame ont enquêté pour retrouver un suspect et le livrer à la police.

Myriam, une auditrice des "Grandes Gueules", comprend ces réactions. Elle-même raconte s'être faite justice elle-même il y a une quinzaine d'années après avoir été victime de violences conjugales et devant l'inaction de la police et de la justice: "Je me suis fait justice moi-même, j'ai été punie par la justice et je suis allée en prison. Je comprends le père de famille de Roanne", explique-t-elle sur RMC et RMC Story.

"Je venais à peine de me marier et mon mari est devenu du jour au lendemain extrêmement violent. Je suis allée voir la police, j'ai lancé l'alerte. Mais un jour mon ex-mari m'a réellement tabassée et étranglée. Le lendemain je suis allée au commissariat et ils ont refusé de prendre ma plainte. Je leur en ai voulu", raconte Myriam.

"Je me suis laissée arrêter"

Elle explique qu'elle aurait agi dans le désordre: "Appremment, il aurait fallu que j'aille d'abord à l'hôpital, que je sache quels mots dire pour qu'on prenne bien en compte ma plainte". Ensuite les violences ont continué "très longtemps" jusqu'au jour du drame:

"J'ai pris la décision de poignarder mon ex-mari en pleine rue devant la police. Je me suis laissée arrêter, et je leur ai dit que je les avais prévenus", détaille Myriam.

Elle raconte avoir été poursuivie pour violences aggravées et condamnée à six mois de prison ferme, six mois avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve. "Ce n'est pas une solution", avertit-elle répétant comprendre le père de famille de Roanne, qui a retrouvé et attaqué l'homme qui avait agressé sa fille de 6 ans.

G.D.