RMC

Adrien Quatennens, condamné pour violences conjugales, de retour à l'Assemblée nationale

Alors qu'il est encore radié par son groupe parlementaire, le député LFI du Nord Adrien Quatennens a fait son retour à l'Assemblée nationale ce mercredi. Il siège parmi les "non-inscrits". Il a été condamné au mois de décembre à quatre mois de prison avec sursis pour des violences conjugales.

Le député La France insoumise du Nord Adrien Quatennens a fait son retour à l'Assemblée nationale ce mercredi matin, en commission des Affaires étrangères. Après sa condamnation, il a été suspendu de son groupe parlementaire jusqu'au 13 avril prochain et siège donc en tant que "non-inscrit". Le député avait précisé qu'en dépit de la décision de LFI, il envisageait de revenir dès le mois de janvier.

Absent depuis le mois de septembre, il est arrivé "autour de 11 heures" à la commission des Affaires étrangères, selon une source parlementaire, pour participer à des travaux d'examen d'un rapport d'information sur la réforme du corps diplomatique.

Adrien Quatennens a été condamné à quatre mois de prison avec sursis le 13 décembre 2022 pour "violences sans incapacité commises par conjoint" entre octobre et décembre 2021, ainsi que pour "envoi régulier et malveillant de messages" à son épouse, par SMS et WhatsApp, entre août et septembre 2022. Le député comparaissait dans une procédure dite de "plaider coupable", la CRPC, car il a reconnu les faits.

Le maintien de son mandat fait débat chez LFI

Le retour d'Adrien Quatennens à l'Assemblée et dans son groupe parlementaire a été l'objet de vifs débats au sein de La France Insoumise. Deux camps s'opposent: ceux qui souhaitent sa démission en tant que député et ceux qui considèrent qu'il a sa place.

Pour que son retour soit accepté, LFI lui avait aussi demandé de suivre un stage de responsabilisation sur les violences faites aux femmes.

Interrogé sur le retour d'Adrien Quatennens sur les bancs de l'Assemblée nationale, le porte-parole du gouvernement Olivier Veran a dit que c'était "sa décision personnelle".

"Il est parlementaire élu, il a fait le choix de ne pas démissionner. Il aurait pu faire le choix de démissionner et de se représenter devant ses électeurs pour garder de la légitimité. Ca n'est pas le choix qu'il a fait, ça lui appartient et ça n'est pas au gouvernement de commenter", a-t-il ajouté.

Une proposition de loi déposée par Renaissance

De son côté, Marine Le Pen estime qu'il aurait dû se faire réélire dans sa circonscription pour pouvoir revenir.

Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée, estime que "ce retour ne peut être passé sous silence". Elle a annoncé que son groupe déposait, ce mercredi, une proposition de loi afin de "compléter le dispositif adopté en 2017 pour créer une peine complémentaire d'inéligibilité pour celles et ceux qui auront été condamnés pour des faits de violences conjugales ou intrafamiliales". Elle devrait être débattue début mars.

Astrid Bergere