RMC

EELV: les conflits entre Yannick Jadot et Sandrine Rousseau agacent au sein du parti

Les épisodes de conflits s'enchaînent entre Yannick Jadot et Sandrine Rousseau. Et cela commence à agacer au sein d'Europe Écologie-Les Verts. Lors de la manifestation aux bassines de Sainte-Soline ce week-end, la voiture de Yannick Jadot a été taguée. Problème: dans un premier temps, Sandrine Rousseau n'a pas condamné ce geste. EELV a même dû faire un communiqué, rappelant que "l'écologie est non-violente".

C'est une nouvelle polémique au sein d'Europe Écologie-Les Verts. Samedi, Yannick Jadot a décidé de se rendre à une manifestation d'écologistes aux bassines de Sainte-Soline (Deux-Sèvres). Sur place, il n'est pas bien accueilli par une partie des manifestants et sa voiture est même taguée avec le mot "raclure".

Le problème, c'est que Sandrine Rousseau n'a pas condamné ce geste, dans un premier temps. "Yannick Jadot doit entendre que nous avons besoin de retrouver l’écologie de combat", a-t-elle lâché.

Les proches de l'eurodéputé crient au scandale et accusent Sandrine Rousseau de se mettre du côté des black blocs. "Son combat n'est pas celui de l'écologie. C'est une faute grave", affirme un soutien de Yannick Jadot. 

"L'écologie est non-violente"

Plusieurs membres du parti expriment, eux aussi, leur malaise face aux propos de la députée. Pour eux, elle a franchi une ligne jaune, parce qu'elle justifie une forme de violence, même symbolique, tout en oubliant de soutenir un camarade écologiste.

Le parti a même été obligé de publier un communiqué dimanche soir, rappelant que "l'écologie est non-violente". À la suite de cela, la députée a tenté de rectifier le tir.

"On peut être contesté pour des positions politiques mais pas insulté. Yannick Jadot n’avait pas à être insulté", a-t-elle écrit sur Twitter.

Une confrontation qui agace

Cette "guéguerre" entre les deux écologistes commencent sérieusement à agacer au sein du parti. "Diviser le combat, c'est stupide", grince un membre de la direction.

Depuis plus d'un an, les polémiques rythment les divisions du parti, "et c'est lassant" admet un député. "Il y a des différences, il faut les assumer, mais ça ne peut pas se faire par médias interposés" ajoute-t-il.  

"Les militants attendent autre chose", conclut une autre écologiste assez agacée: "J'en ai ras-le-bol qu'on oppose radicalité et modération". 

Des divisions qui décrédibilisent?

Chez EELV, le constat est clair: cette confrontation entre les deux figures fortes est totalement contre-productive et décrédibilise au lieu de renforcer le mouvement. Cela aurait même un impact au sein de la Nupes. "Les écolos n'ont jamais été vus comme des partenaires fiables à cause de leur division interne", confirme un député socialiste. 

Le sujet doit être évoqué cette semaine en réunion de groupe des députés écologistes, avant un congrès, le mois prochain.

AB avec Romain Cluzel