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Présidentielle: ce que pensent les équipes des candidats avant le verdict

On connaîtra dimanche soir les deux candidats qualifiés pour le second tour de l'élection présidentielle 2022. Jeudi, c'était pour la plupart, l'heure des derniers déplacements et meetings de campagne. Et en fonction des sondages, chacun semble être dans un état d'esprit un peu différent.

Pour ces dernières heures de campagne, l’état d’esprit change du tout au tout selon les candidats. Chez Emmanuel Macron, on déclenche l’alerte rouge. Après une campagne de premier tour plutôt manquée, plusieurs membres de la campagne s’alarment de la dynamique de Marine Le Pen. "Je suis frappé, même par notre camp. Ils pensent que Le Pen présidente de la République, ça n’existe pas", s’agace un conseiller gouvernemental.

Pour que la prise de conscience se fasse, il va même plus loin: "Je ne sais pas si on n’a pas intérêt à ce qu’elle soit devant nous dimanche, pour créer un électrochoc". En tout cas, les équipes du candidat anticipent déjà un second tour en mode commando. "On fera un déplacement par jour dès lundi", explique un soutien, qui conclut: "On ne va pas refaire la connerie de 2017". C’est-à-dire plusieurs jours de flottement après le premier tour.

Marine Le Pen, elle, en appelle aux électeurs. "Je vous conjure d’aller voter! " lance la candidate RN à Perpignan jeudi. Un dernier message pour tenter de convaincre des abstentionnistes. Mais au sein de son équipe, difficile de ne pas afficher une confiance décuplée. "On n’a jamais été aussi proche du but", "je pense que les Français sont prêts", "Marine ne fait plus peur, elle a touché au cœur des Français", enchaînent plusieurs soutiens. Un maire RN tente tout de même de temporiser: "Tant que le dernier bulletin n’est pas ouvert, je reste prudent".

Espoir chez Mélenchon, décontraction pour Pécresse

On est loin de la confiance aveugle chez les écolos, plutôt désabusés. Yannick Jadot a tenu un dernier meeting jeudi à Nantes. Mais la réunion n’a pas du tout électrisé les troupes. Après le meeting, dans le train de retour vers Paris, une petite main s’agace: "Yannick termine seul, la salle n’est pas galvanisée, il n’y a pas de musique. Il aurait fallu une standing ovation de 10 minutes pour terminer la campagne". Une autre se lâche: "Arrête de me parler de second tour, on sait même pas si on fera 5%. Moi je serai ivre avant les résultats, il vaudra mieux!"

L’équipe de Jean-Luc Mélenchon, elle, garde encore espoir. Les insoumis ont mis le paquet: 90 réunions publiques et 200.000 porte-à-porte pour tenter une mission quasi impossible, se qualifier au second tour. Un cadre de la campagne martèle: "J’y crois, malgré l’incertitude."

Le plus grand espoir des mélenchonistes, c’est une décision des électeurs de dernière minute. "Tout le monde est en panique, juge un proche du candidat. La cristallisation se fait maintenant et amplifie la dynamique. Contrairement à 2017, on arrive en progression dans les dix derniers jours".

Ce cadre LFI en est persuadé, Mélenchon va encore monter d’ici dimanche. "On est dans un scénario à trois candidats entre 20 et 23%, avec une image finale qu’on ne connaît pas", estime-t-il.

Quant à Valérie Pécresse, elle semble libérée, délivrée pour la fin de campagne. La candidate, en déplacement dans le Beaujolais jeudi, est apparue tout sourire, enchaînant les blagues avec Laurent Wauquiez. Un proche du local de l’étape s’étonne: "Elle est super détendue, je l'ai pas souvent vue comme ça, elle se lâche, ça fait plaisir à voir". Ce militant LR y voit un signe de soulagement: "Elle est crevée, ça doit lui faire du bien de savoir que c'est fini". Cette détente affichée, c’est aussi une manière de montrer l’unité des LR, alors que les tensions internes sont déjà annoncées après les résultats dimanche à 20h.

Guillaume Descours Journaliste RMC