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Éoliennes, nucléaire, localisme: décryptage des divergences entre Macron et Le Pen sur l’écologie

Sur la question écologique, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont encore une fois montré mercredi soir leurs profondes divergences. Éoliennes, nucléaire, localisme, virage vert dans l’entre deux tours… Décryptage.

A quatre jours du deuxième tour de l’élection présidentielle, RMC décrypte les programmes écologiques des deux candidats. Pendant le débat de mercredi soir, Emmanuel Macron a lancé à Marine Le Pen qu’elle était "climatosceptique", car elle remet en cause les objectifs des accords de Paris. "Vous, vous êtes climato-hypocrite", lui a répondu Marine Le Pen dénonçant un "changement de pied sur le nucléaire et ajoutant "vous êtes le pire de l’écologie punitive".

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Les éoliennes de la discorde

Les deux candidats ont un profond désaccord sur les éoliennes. Marine Le Pen les trouve moches, chères et peu efficaces. Elle propose tout simplement de les démonter progressivement, en commençant par les plus anciennes. Elle suspendrait aussi toutes les subventions avec effet immédiat et instaurerait un moratoire sur l’installation de nouveaux sites de panneaux solaires. Un vrai coup d'arrêt au développement de ces deux énergies, l’éolien et le solaire, dites propres.

Emmanuel Macron juge lui que c’est une aberration. Il propose au contraire un développement massif de l’éolien et la création de 50 parcs en mer d’ici 2050. Il dit aussi vouloir multiplier par deux le nombre d’éoliennes terrestres et par 10 le parc solaire pour arriver à 50% d'énergies renouvelables en 2035.

En accord sur le nucléaire

En revanche les deux candidats sont d’accord sur l’essentiel sur le nucléaire. Ils souhaitent l’un et l’autre relancer le nucléaire avec les centrales EPR de troisième génération. Alors qu’on n'a toujours pas fini de construire la première, Emmanuel Macron veut en commander 14, et Marine Le Pen 20.

L’un et l’autre proposent aussi de prolonger jusqu'à 60 ans la vie des centrales nucléaires actuelles. Marine Le Pen voudrait en plus relancer la centrale de Fessenheim qui a été fermée par Emmanuel Macron au début du quinquennat.

Ils sont donc tous les deux très pro nucléaires et sont aussi d’accord pour développer la filière de l'hydrogène, l'énergie du futur pour l’un et l'autre.

Le localisme de Marine Le Pen

Marine Le Pen défend surtout le localisme, c’est même la toute première ligne de son programme. Elle veut une écologie de la "joie de vivre pour les Français en France". Selon elle, cette écologie joyeuse passe par la préférence nationale: préférer les produits français, les exploitations françaises, investir dans des entreprises françaises.

La candidate du RN souhaite aussi défendre une écologie positive, par opposition à l’écologie qui pratique "la taxo-manie", voire "le terrorisme climatique" selon ses mots. Elle critique les experts du GIEC qui "cherchent à nous faire avoir mauvaise conscience", mais se défend d'être climatosceptique. Elle affirme vouloir respecter les engagements des accords de Paris, mais "à notre rythme". Or, le rythme de respect des engagements est l’essentiel des accords de Paris.

Virage écologique de Macron dans l’entre deux tours

Emmanuel Macron a franchement verdi son programme dans l’entre-deux tours, avec un discours entièrement consacré à l'environnement samedi à Marseille. Il a multiplié les promesses, comme un Premier ministre qui sera aussi en charge de la planification écologique. Il veut rénover 700.000 logements par an et planter 140 millions d’arbres, soit deux pour chaque Français. Et il a aussi inventé une fête de la nature, qui en réalité existe déjà depuis 16 ans (18-22 mai 2022).

Nicolas Poincaré