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Retraites, squats... "Il y a une politique anti-pauvres, c’est très grave", tacle Sandrine Rousseau

De nombreux Français se trouvent en difficulté financière alors que le pays fait face à plusieurs crises. Invitée sur RMC, ce mardi, la députée de Paris Sandrine Rousseau a dénoncé les actions du gouvernement et a estimé qu'il faisait pas assez pour aider ceux qui se trouvent en difficulté.

Avec l'inflation, les Français sont de plus en plus nombreux à avoir du mal à boucler les fins de mois. À cela s'ajoute la crise de l'énergie et de possibles délestages, c'est-à-dire, des coupures de courant pendant deux heures sur un territoire donné. Selon Sandrine Rousseau, députée EELV de Paris, invitée sur RMC ce mardi, "la colère est inouïe".

"Je pense qu'on ne mesure pas l’ampleur de cette colère. J’espère qu’on va prendre conscience que là on laisse les plus riches s’enrichir, alors même qu’il y a des personnes qui sont en très grande précarité, qui ont froid chez elles, qui n’arrivent pas à manger et qui n’arrivent pas à payer leurs factures", a-t-elle déclaré.

Pour l'écologiste, l'État ne propose pas de réponse suffisante à cette partie de la population qui se trouve en difficulté.

Une politique anti-pauvres en France?

"Qu’est-ce qu’on fait à l’Assemblée? On criminalise le fait de ne pas payer son loyer, on diminue les assurances chômage, on va augmenter le temps de travail pour reculer l’âge de la retraite. En fait, il y a une politique anti-pauvres et c’est très grave", a-t-elle ajouté.

Selon elle, l'objectif devrait plutôt être de "protéger au maximum les plus vulnérables et faire en sorte que les inégalités se restreignent". D'autant plus qu'elle estime que le système actuel, notamment sur l'énergie, arrive à bout de souffle.

"On est vraiment à la veille de quelque chose qui potentiellement peut être extrêmement grave et il nous faut faire des choix. Ces choix ne peuvent être que démocratique. Nous devons débattre sur ce que nous souhaitons garder d’essentiel, moi je pense que les services publics, l’école, la culture ou encore les mobilités sont essentiels, par contre, il y a sans doute une forme de surconsommation qu’il va falloir réduire", a expliqué Sandrine Rousseau.

"La question est de savoir ce qui est vital"

Lundi soir, le porte-parole d'Enedis a affirmé que les personnes équipées de respirateur artificiel ne seraient pas exemptées des coupures de courant, en cas de délestage. Pour Sandrine Rousseau, c'est un non-sens.

"De quoi a-t-on besoin dans la société? Est-ce qu’on a besoin de garder des infrastructures extrêmement consommatrices comme les aéroports, de manière prioritaire? Moi je dis non. On éteint tout ce qui n’est pas absolument indispensable, par exemple, les supermarchés", a affirmé la députée de Paris.

Elle s'interroge surtout sur le retard pris par le gouvernement sur la question de l'énergie. "Ça fait trois ans qu’on sait qu’il va y avoir une crise majeure de l’électricité, pourquoi on n’a pas développé un plan de rénovation du bâti? Pourquoi on ne fait pas un effort sur le prix des trains et des transports publics?"

Elle conclut: "C'est facile de la part du gouvernement de dire 'vous chauffez trop', 'vous devez faire des efforts', mais où sont les politiques publiques d’accompagnement? Il n’y en a pas."

AB