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Crise de l'hôpital: "On a un système au tapis, pas de solution à court terme" selon Jérôme Marty

Le médecin Jérôme Marty, intervenant dans "Les Grandes Gueules" sur RMC, estime qu'il n'y a aucune solution pour les mois à venir concernant la pénurie de soignants.

La crise des soins se poursuit en France. A quelques jours des législatives, les personnels hospitaliers manifestaient ce mardi dans plusieurs dizaines de villes en France pour réclamer des hausses de salaires et d'effectifs sans attendre le résultat de la "mission flash" commandée par Emmanuel Macron. Neuf syndicats et collectifs de soignants organisent des rassemblements dans au moins cinquante villes.

Faute de soignants, au moins 120 services ont été forcés de limiter leur activité ou s'y préparent, selon un décompte fin mai de l'association Samu-Urgences de France. C'est d'ailleurs son président François Braun qui devra rendre les conclusions de la "mission flash" à l'Elysée d'ici fin juin.

Un délai justifié afin de "regarder service d'urgence par service d'urgence et Samu par Samu, territoire par territoire où il y a des besoins", a expliqué Emmanuel Macron dans un entretien à la presse régionale vendredi, promettant "des décisions d'urgence dès juillet".

"Les hôpitaux sont morts, la médecine de ville est morte"

Le médecin Jérôme Marty, habitué des "Grandes Gueules" sur RMC et président d'un syndicat de médecins libéraux, estime qu'il n'y a pas de solution à court terme pour le système français de soins, qui est à l'agonie selon lui.

"Ce qui est certain, c'est que je n'aimerais pas être à la place de François Braun, qui est à la tête de la mission flash, ni à la place de madame Bourguignon qui est notre ministre. Car pour les mois qui viennent, il n'y a pas de solution. On ne va pas se mentir. Et le privé connaît les mêmes problèmes", assure-t-il.

Il illustre son propos avec des chiffres marquants, comme le nombres d'infirmières en France qui est de 88 pour 10.000 habitants, et les compare avec nos voisins: en Allemagne c'est 176, au Royaume-Uni 130, en Suède 149, en Norvège 211... Pour les médecins également, les chiffres ne sont pas flatteurs pour la France. C'est 25 pour 10.000 dans l'Hexagone et 37 en Suède, 47 en Allemagne, 35 au Royaume-Uni, 53 en Italie... Tout ça avec une rémunération qui subit les mêmes écarts.

"On a un pays qui a décidé un jour de casser le thermomètre, c'est à dire formons moins de soignants, ça coûtera moins cher. Les hôpitaux sont morts, la médecine de ville est morte, on a un système au tapis et on ne pourra pas résoudre les problèmes dans les mois qui viennent."

Après ce constat d'échec, il donne un conseil aux Français: être prudent, ne pas consulter pour n'importe quoi, appeler le médecin généraliste. "Il faut aussi demander à la caisse d'assurance maladie de re-rembourser les consultations par téléphone. Et travaillons sur les lits d'aval. Il faut mettre le paquet pour favoriser les sorties de patients des urgences pour libérer des lits pour que d'autres puissent rentrer" analyse-t-il.

J.A.