RMC

Ministre "pourquoi pas", réforme de la police: ce qu'il faut retenir de l'interview de François Ruffin

François Ruffin le député de la France insoumise de la Somme et candidat à sa réélection, était l'invité d'Apolline de Malherbe où il en a profité pour évoquer la réforme de la police.

Député de La France insoumise de la Somme et candidat à sa réélection, François Ruffin était ce mardi l'invité d'Apolline de Malherbe sur RMC et BFMTV. Il en a profité pour faire part de son souhait d'être ministre et appeler à la réforme de la police.

François Ruffin ministre? "Pourquoi pas"

Alors que les négociations ont abouti entre écologistes et insoumis et que les tractations sont en cours, l'hypothèse d'une victoire de La France insoumise aux législatives apparaît crédible. Et les Insoumis rêveraient de voir Jean-Luc Mélenchon à la tête du gouvernement.

Dans cette situation, François Ruffin s'imagine bien ministre: "Devenir ministre? Pourquoi pas. Il y a par exemple Léo Lagrange ministre du Front populaire qui a changé la vie de centaines de milliers de personnes dont des ouvriers partant pour la première fois en vacances. Si je peux signer quelques décrets pour faire avancer les choses plus vite et changer la vie des gens, je le ferais.

Avec comme éventuel objectif, le ministère du Travail: "J'ai passé beaucoup de temps aux côtés des ouvriers, des auxiliaires de vie sociale, j'ai l'impression d'être plongé dans le monde du travail comme reporter, de l'avoir scruté et analysé depuis 3 décennies. Si je peux mettre ces connaissances assez concrètes au service des gens, je le ferai".

"Macron est l'enfant illégitime de Hollande"

Après avoir désigné Emmanuel Macron comme le "bâtard" de François Hollande, François Ruffin a écarté toute injure évoquant un "terme technique": "J'ai été stupéfait par la polémique. J'ai dit qu'Emmanuel Macron était le fils, l'héritier peut-être plutôt 'le bâtard' de François Hollande. J'ai été étonné que les journalistes et les macronistes n'aient pas ouvert de dictionnaire pour voir que ça veut dire 'enfant illégitime'".

"Le sens premier du mot 'bâtard' est 'enfant illégitime'. Et il est évident qu'Emmanuel Macron est l'enfant illégitime de François Hollande alors qu'il y a évidémment des gens qui sont les enfants plus légitimes de François Hollande comme Manuel Valls ou Jean-Christophe Cambadélis", ajoute François Ruffin.

Et si François Hollande est le "père" d'Emmanuel Macron "qui en est la mère?" interroge François Ruffin qui a la réponse: "Certains disent que c'est Valls ou Sarkozy, mais pour moi c'est Margaret Thatcher. Emmanuel Macron, c'est le Thatcherisme avec un visage poupin", assure-t-il.

Réformer la police

François Ruffin en a profité pour tacler la légitimité du projet d'Emmanuel Macron: "Je reconnais la légitimité de son élection mais pas de son projet. Il n'a pas été élu sur son projet. Si Emmanuel Macron considère que son projet est légitime, et qu'il peut passer en force sur ce qu'il prévoit de faire, on se prépare à des temps de tensions très importants dans la rue".

Des moments de tension qui pourraient entraîner de nouveaux affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. A ce sujet, François Ruffin plaide pour une réforme de la police: "On doit pouvoir avoir sur la police un regard froid, se dire que c'est une institution comme la justice et l'économie et se dire qu'on peut et doit réformer la police", plaide le député.

"Quand le mouvement de gilets jaunes se traduit par plus de 200 crânes fracturés, 30 personnes qui ont perdu un œil, six mains arrachées et qu'à la fin, il n'y a pas d'excuses du président de la République ou de réflexion sur le maintien de l'ordre, ça ne me satisfait pas. Je suis blessé quand un manifestant mais aussi un policier est blessé", assure François Ruffin.

Concernant les violences, il estime qu'elles servent plus l'ordre que les manifestants: "Je pense que ces violences dans les manifestations, rendent plus service à l’ordre qu’elle ne le desserve. Après les violences, les gens ont plus peur d'aller dans les manifestations", conclut l'élu.

Guillaume Dussourt