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"Il fallait le faire avant!": l’accord PS-LFI divise chez les électeurs de gauche

Avant le Conseil national du PS qui doit trancher jeudi soir sur l’accord PS-LFI, RMC a recueilli des réactions d’électeurs de gauche. Témoignages dans les rues de Lyon.

Y aura-t-il un accord entre le Parti socialiste et La France insoumise pour les élections législatives (12 et 19 juin)? L'accord de principe a été scellé mercredi, mais doit encore être validé jeudi par un vote final interne au parti.

Si Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a encore plaidé pour l’union de la gauche jeudi matin sur RMC, les éléphants du parti comme François Hollande, Bernard Cazeneuve, Claude Bartolone ou encore Jean-Marc Ayrault s’y opposent formellement.

Qu’en pensent les électeurs de gauche? "Il fallait le faire avant le premier tour! Le faire aujourd’hui, c’est être électoraliste", estime Sofiane, rencontré par RMC dans les rues de Lyon. Lui a voté pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle "pour l’union de la gauche", justifie-t-il.

En revanche, les positions européennes de LFI font tiquer Jonathan. Dans leur programme, les Insoumis plaident pour la "désobéissance" aux traités européens et la question européenne a été au cœur du débat avec les Verts et les socialistes. Les différents partis se sont finalement accordés sur une "position médiane", un peu alambiquée. En revanche, les Insoumis sont revenus sur leur volonté de sortir de l’OTAN. "Je n’étais pas spécialement d'accord avec LFI sur ces deux points-là, je suis content que ça ait changé", se réjouit Jonathan, ravi de voir un rassemblement des gauches.

"Il va falloir que Mélenchon la mette un petit peu en veilleuse"

"Il va falloir que Mélenchon la mette un petit peu en veilleuse, au niveau du langage et de l’attitude", tempère de son côté Nicole, fidèle électrice de gauche de 82 ans. Socialiste, elle a voté communiste au premier tour de l’élection présidentielle et croit beaucoup à l’alliance de la gauche.

"Je reste marqué par l’image de 'La République, c’est moi!'", raconte Victoire. Cette phrase avait été hurlée par Jean-Luc Mélenchon en 2018, très en colère lors de la perquisition du siège de La France insoumise. "Je n’ai pas apprécié, poursuit-elle. Mais c’est important pour la gauche d’avoir un personnage qui soit charismatique et qui sache se faire entendre".

Pour 37% des Français, c’est Jean-Luc Mélenchon qui incarne le mieux l’opposition face à Emmanuel Macron.

Vincent Chevalier