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Loi pouvoir d'achat: les trois moments tendus de la semaine à l'Assemblée nationale

Les questions au gouvernement le 19 juillet 2022 à l'Assemblée nationale

Les questions au gouvernement le 19 juillet 2022 à l'Assemblée nationale - Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Députés de tous bords ont profité des débats sur la loi pouvoir d'achat pour s'invectiver à l'occasion de joutes verbales houleuses dans l'hémicycle. Retour sur les trois moments tendus de cette semaine à l'Assemblée nationale.

Les débats ont été agités cette semaine à l'Assemblée nationale. En marge du vote de la loi pouvoir d'achat, les députés de tous bords se sont livrés à de nombreuses joutes verbales, dans un hémicycle plus que divisé où la tension règne régulièrement.

  • "Qui a déjà touché 800 ou 900 euros par mois?"

Alors que l'on débattait de la revalorisation du Smic mercredi, la députée de La France insoumise Rachel Keke est intervenue pour alerter les députés sur les difficultés financières de certains: "J'aimerais savoir, dans cet hémicycle, qui a déjà touché 800 euros? 900 euros par mois? Personne! Vous ne savez pas ce que c'est, vous ne connaissez pas la souffrance des métiers essentiels", a lancé l'ancienne porte-parole des femmes de chambre grévistes de l’hôtel Ibis des Batignolles à Paris.

"Quand on demande les augmentations des salaires, vous parlez mais vous n'avez rien à faire ici", a ajouté l'élue sous les applaudissements des autres députés Nupes et face aux protestations de certains députés de droite.

"Vous avez votre histoire, votre parcours, nous le respectons", lui a répondu Aurélien Pradié, député LR et proche de Laurent Wauquiez. "Si vous voulez que nous respections chacun votre parcours, respectez le nôtre", a-t-il ajouté.

"La majorité des députés est carrément déconnectée de la vie, de la souffrance de ces gens qui font ces métiers essentiels", a renchéri Rachel Keke au micro de BFMTV mercredi soir.

  • "Silence pour la France!"

De l'autre côté de l'échiquier politique, le député du RN Jean-Philippe Tanguy a appelé ses collègues à se taire "pour la France". Alors qu'il rendait hommage à Marine Le Pen "la première à lever la question du pouvoir d'achat", des voix se sont levées dans les rangs des députés Nupes faisant sortir de ses gonds l'élu de la Somme.

"Silence pour la France", a-t-il crié énervé avant de se lancer dans une tirade plus légère: "Un deuxième round va s'ouvrir, ça devrait vous plaire, voilà le 7ème tour", a assuré l'élu de 36 ans à ses collègues de la Nupes avant de leur rendre hommage après avoir fait applaudir le personnel de l'Assemblée nationale: "Vous aussi les gens de gauche, même si vous êtes très pénibles, vous nous permettez d'être drôles".

  • Le RN, "un parti de fachos"

Alors qu'on discutait dans l'hémicycle de la sécurité d'approvisionnement en gaz, le député de La France Insoumise, Aurélien Saintoul, a provoqué la colère des députés du Rassemblement national, après les avoir qualifié de "fachos".

"Bien-sûr, on connaît la stratégie de l'extrême droite qui agit comme la chauve-souris de la fable. Dans le parti des oiseaux, elle montre ses ailes. Dans le parti des fachos, elle montre son poil", a-t-il lancé provoquant l'ire des élus de l'extrême-droite qui ont fait claquer leur pupitre pour protester.

"Il me semblait que Jean De La Fontaine était le génie de la langue française et qu'au moins vous le respecteriez", a poursuivi Aurélien Saintoul. "Vous vous comportez comme des zadistes et vous risquez de dégrader le mobilier national", a ajouté l'élu.

Accusé d'insulter ses pairs du Rassemblement national, Aurélien Saintoul a démenti, assurant les avoir "caractérisés". Il n'a pu reprendre devant le brouhaha des députés du RN avant qu'Hélène Laporte, la vice-présidente, de l'Assemblée nationale ne prononce une suspension de séance.

Les députés du Rassemblement national ont reçu le soutien de Karl Olive, le député des Yvelines, proche d'Emmanuel Macron, qui a dénoncé une prise de parole "lamentable": "Sans aucun prétexte, un député Nupes traite le RN de fachos dans une envolée lyrique totalement déplacée. Lamentable", a-t-il lancé sur Twitter.

  • D'autres débats agités à venir?

Dans une assemblée où le groupe LREM, à la majorité relative, doit composer avec les oppositions de gauche et d'extrême-droite, les débats à venir risquent d'être houleux. En-dehors de l'hémicycle aussi on risque de s'affronter par communiqué interposé. Dernier en date, la passe d'armes entre Eric Ciotti (LR) et Louis Boyard (LFI) sur le port de la cravate pour les députés.

Guillaume Dussourt