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Attaque à Notre-Dame: "Je suis musulman et je suis hyper inquiet de l’interprétation qui va être faite"

Mercredi, un homme armé d’un marteau a légèrement blessé un policier à la tête sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris. L’agresseur, âgé de 40 ans, né en Algérie et inscrit depuis 2014 comme doctorant en sciences de l’information, a revendiqué être "un soldat du califat". Un individu qui n’avait montré aucun signe de radicalisation et dont le profil inquiète Nordine, citoyen français né de parents algériens. Cet auditeur des Grandes Gueules  craint de nouvelles confusions entre l'islam et l'extrémisme religieux.

Un nouveau drame a été évité mercredi sur le parvis de Notre-Dame, quand un homme se revendiquant comme "un soldat du califat" a attaqué un policier au marteau. Âgé de 40 ans, ancien journaliste et doctorant en sciences de l’information, rien ne laissait penser que cet individu s’était radicaliser. Un profil qui inquiète Nordine, auditeurs des Grandes Gueules. Il craint que de nombreux Français ne fassent plus la différence entre l’extrémisme islamiste et la religion musulmane.

"Ma réflexion m’impose d’écouter mon cœur et mon cœur me dit beaucoup de choses. Je suis d’origine algérienne et né en France. J’ai peur que maintenant, l’amalgame ou le lien se fasse avec ce type de profil. Il est basané et je le suis, il a un nom arabe et j’ai un nom arabe, il parle certainement arabe et je parle arabe, il se dit musulman et je suis musulman. Avec ces dix millions de gens qui ont voté pour Marine Le Pen, je me dis qu’ils vont doubler si ça continue. Je ne sais pas quoi faire. Chez moi, j’ai un discours qui est républicain, ce qui ne m'empêche pas d'aimer la religion et de pratiquer la religion. Mercredi, j’étais à la mosquée avec des amis et il n’y a rien de tout cela. On est hyper inquiet de l’interprétation qui va être faite. Je suis prostré. C’est grave et il ne faut pas se leurrer avec l’idée de la banlieue, où des paumés entreraient dans la religion, faute de trouver un sens au monde dans lequel ils sont. Ça part sur un principe d’une vision du monde. Il faut se demander quelle est la vision de ces personnes concernant la femme et la liberté".

Nordine compare ensuite l’approche pacifiée aux autres que lui a appris la religion musulmane, à l’interprétation délirante qu’en font les terroristes. "J’ai plus de trente ans de pratique religieuse, j’ai beaucoup voyagé et j’ai fréquenté des mosquées en Angleterre et aux Etats-Unis. Lorsque je suis devenu pratiquant régulier, le message qui m’était envoyé c’était: 'regarde ce que tu as été, et regarde ce que tu es devenu'. J’ai reconquis la culture qui me manquait, mais le message était centré sur moi-même. Quand je voyais quelqu’un faire quelque chose de mal, je ne me disais pas: 'il fait quelque chose de mal', je faisais une introspection intérieure".

Pour Nordine, impossible de concilier religion et jugement. Selon lui, être musulman impose une ouverture à l’autre. "Il m’est impensable de dire d’un collègue que c’est un mécréant, que je ne mange pas avec lui, que je ne l’invite pas chez moi. Au fur et à mesure de mon évolution, j’ai vu les jeunes changer dans la mosquée. Maintenant, ils sont agressifs et rudes. Il y a un profil qui se met en place, parce que des gens se sentent agressés dans leurs valeurs morales. Ils ne comprennent pas que dans ce pays, on n’est pas en Arabie Saoudite, on n’est pas en Syrie ou en Afghanistan, on est en France!"

Les Grandes Gueules avec A. B.