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Élections législatives: ministres, personnalités... ces circonscriptions à surveiller

Des ministres jouent leur place à l'occasion des élections législatives. Et d'autres figures politiques mettent en jeu leur avenir, qui pourrait être entaché par une défaite. Focus sur les circonscriptions à fort enjeu avant le premier tour ce dimanche 12 juin.

Les Français sont de nouveaux appelés aux urnes à l'occasion des élections législatives. Il est question d'élire les 577 députés qui siégeront sur les bancs de l'Assemblée nationale. Et certaines circonscriptions seront à scruter plus particulièrement ce 12 juin, à l'occasion du premier tour.

Les ministres qui jouent leur poste

D'abord celles où des ministres se présentent pour un siège de député. Car qui perd sort. Les 14 ministres en lice sont prévenus: en cas de défaite aux élections législatives, ils devront quitter leur poste, selon la règle tacite en vigueur.

C'est le cas de la Première ministre Elisabeth Borne, candidate dans la sixième circonscription du Calvados, remportée en 2017 par un candidat de la majorité. Un baptême du feu pour la résidente de Matignon qui ne s'est jamais confrontée aux urnes et se retrouve envoyée dans un secteur où ses opposants locaux taclent son absence d'attaches, l'accusant d'être parachutée.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin aura lui la lourde tâche de ravir la 10e circonscription du Nord, remportée en 2017 par Victor Ledoux, à l'époque député sortant Les Républicains. Mais ce dernier ne se représente pas, dans une circonscription où le match du premier tour de l'élection présidentielle entre Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon fut serré.

L'affaire s'annonce compliquée pour Damien Abad, le transfuge des Républicains, nouveau ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées. Candidat pour sa réélection dans la 5e circonscription de l'Ain, le ministre élu en 2017 sous l'étiquette LR est accusé de viols par deux femmes.

Députée sortante de la 6e circonscription du Pas-de-Calais, Brigitte Bourguignon, la ministre de la Santé, aura pourtant fort à faire dans un secteur où Marine Le Pen l'a emporté au premier et au second tour de l'élection présidentielle.

Enfin, s'il n'est plus ministre, Jean-Michel Blanquer l'ancien préposé à l'Education nationale, joue son avenir politique dans le Loiret. Accusé de parachutage, entarté par deux enseignants samedi, l'ancien recteur de l'académie de Créteil tentera tant bien que mal de ravir la 2e circonscription du Loiret aux Républicains.

Des figures de l'opposition à l'épreuve du feu

Auréolé de la prestigieuse Médaille Fields en 2010, Cédric Villani, élu sous la bannière La République en Marche en 2017 dans la 5e circonscription de l'Essonne, est candidat à sa réélection, mais cette fois sous la bannière Nupes, l'alliance de la gauche derrière Jean-Luc Mélenchon, qui se rêve en Premier ministre.

La Nupes, qui nourrit de grandes ambitions, mise sur ses têtes d'affiche pour s'imposer à l'Assemblée nationale, même si Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de La France insoumise ne se représente pas. Ce dernier a choisi de laisser dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône à Manuel Bompard, son directeur de campagne, actuellement député européen.

Habituée des scrutins, l'écologiste Sandrine Rousseau, qui se présente dans la 9e circonscription de Paris, tentera d'obtenir un premier succès lors d'une élection. Mais la tâche s'annonce ardue face à Buon Tan, le député de la majorité sortant. L'espoir demeure pourtant. En 2017, le candidat de La France Insoumise avait été battu de peu au second tour.

À Paris toujours, Danielle Simonet, la candidate de la Nupes, oratrice nationale de La France insoumise, retente sa chance dans la 15e circonscription de Paris, où elle avait déjà été défaite en 2021, à l'occasion d'une élection législative partielle après la démission de la députée socialiste George-Pau Langevin. Elle tentera de ravir son siège à Lamia El Aaraje, députée PS et candidate socialiste qui s'avance en "candidate légitime de l'union".

Député 2007, dernière figure de proue d'un parti à la dérive depuis la déroute à l'élection présidentielle, le Républicain Eric Ciotti aura fort à faire dans son fief des Alpes-Maritimes. Face à lui, les Macronistes ont investi Graig Monetti, un jeune de 29 ans, protégé de Christian Estrosi, nouveau soutien d'Emmanuel Macron.

Chez Reconquête, le parti d'Eric Zemmour, les ambitions sont moindres mais l'on rêve d'envoyer ses premiers députés au palais Bourbon. Le principal intéressé est lui-même candidat dans la 4e circonscription du Var. La tâche s'annonce compliquée pour l'ancien polémiste, plusieurs fois condamné pour incitation à la haine. La candidate sortante, membre de la majorité, brigue un nouveau mandat, tandis que son adversaire de 2017 du Rassemblement national, se représente également.

Pour intégrer l'Assemblée nationale, Reconquête mise sur la candidature de Guillaume Peltier, candidat à sa réélection dans la 2e circonscription du Cher, où il avait été élu en 2017 sous l'étiquette des Républicains.

Les autres candidatures à suivre

Dans la 18e circonscription de Paris, le député sortant Pierre-Yves Bournazel (LREM) affronte un nouveau venu en politique, Aymeric Caron, ancien journaliste, militant antispéciste et investi par la Nupes.

L'humoriste Laurent Baffie a lui décidé de se présenter sous l'étiquette du Parti animaliste dans la 3e circonscription de Paris. Une tâche qui s'annonce compliquée alors que le parti qui milite pour la condition animale, peine à exister sur la scène politique.

Enfin l'avocat Charles Consigny, ex-conseiller en communication de la candidate à la présidentielle Valérie Pécresse et ex-sociétaire des "Grandes Gueules" sur RMC, vise désormais lui aussi l'Assemblée nationale. L'avocat est en effet candidat sous l'étiquette LR dans la 4e circonscription des Yvelines, remportée en 2017 par Marie Lebec, la candidate de La République en Marche.

Guillaume Dussourt